Axe 2 : Arpenter : territoires et monde sensible

a) Présentation


L’axe 2 du nouveau contrat quinquennal poursuit en partie le programme de recherche de l’axe intitulé « Espaces modernes et contemporains » dans le précédent, mais en se concentrant sur les problématiques spatiales et tout particulièrement éco-poétiques (cf. Pierre Schoentjes, Ce qui a lieu, éditions Wildproject, 2016), et en élargissant son corpus aux œuvres de siècles antérieurs au XXe siècle. La critique de langue française s’approprie en effet des thématiques d’abord exploitées outre-Atlantique par l’ecocriticism dans une perspective moins exclusivement sociologique et politique, en s’attachant à des corpus dont la qualité littéraire lui semble digne d’étude, le style lui paraissant jouer un rôle essentiel dans l’approche du monde sensible.
À la suite, entre autres, du colloque « États des lieux dans les récits français et francophones des années 80 à nos jours » qui s’est tenu les 18-20 mars 2015 à l’UT2J (Actes publiés aux éditions Classiques Garnier en janvier 2019) et du colloque « L’imaginaire littéraire du Fleuve (XVIIe-XXIe siècles) » qui s’est tenu à l’Université de Klagenfurt les 30-31 octobre 2017, sont déjà annoncées différentes manifestations et publications qui s’échelonneront au long du quinquennal.
 

b) Manifestations


- Colloque international « Filmer le fleuve », organisé par Philippe Ragel.
Ce projet s’intéressera à la figuration du fleuve à l’écran et ses modulations paysagères. On privilégiera ici l’approche esthétique et poétique que son motif plastique engage, sa puissance imageante, partant du fait que le fleuve, c’est du temps inscrit dans l’espace, une traversée, un récit de la nature et des hommes qui l’arpentent et y gravent le passage de l’Histoire, de leur histoire.

Journée d’étude sur l’œuvre de Tristan Garcia (co-organisée par Arnaud Despax et Sylvie Vignes), dont tout un volet sera consacré à sa représentation des rapports entre humains et monde animal au fil des âges et jusqu’à nos jours et aux problèmes identitaires, écologiques, socio-politiques et éthiques qui s’y rattachent (Cf. roman Mémoires de la jungle, Gallimard, 2010, et essai Nous, animaux et humains. Actualité de Jeremy Bentham, François Bourin éditeur, 2011).

 

c) Publications


- Ouvrages collectifs :
Dictionnaire Litt&nature. À l’initiative de deux chercheurs impliqués dans les questions d’interdisciplinarité, l’un dans le domaine de la poésie scientifique (Philippe Chométy, PLH-ELH) et l’autre en histoire des sciences (Jérôme Lamy, CNRS-CERTOP), ce projet de dictionnaire se construit comme une enquête collective sur le phénomène d’appropriation par la littérature des savoirs sur la nature, quel que soit le nom qu’on lui donne : biodiversité, cosmos, environnement, Gaïa, locus amoenus, monde sensible, nature créatrice ou créée, paysage, Terre, univers, wilderness, etc. Il se propose de considérer sur la longue durée et sur un large espace les modalités très concrètes de désignation de la nature dans la littérature des origines à nos jours en étudiant les formes les plus diverses d’interprétation littéraire des savoirs sur la nature : poème de science, dialogue scientifique, roman de science-fiction, vulgarisation scientifique, catalogue, lapidaire, etc. Il s’ouvre aux approches théoriques les plus différentes afin d’interroger l’historicité des façons de dire la nature : écocritique, géopoétique, humanités environnementales, nature writing, histoire des relations entre littérature et savoirs, épistémocritique, etc.


- Ouvrages personnels en rapport direct avec les thématiques de l'axe :

 
- Diversité, altérité, intensité. Des animaux en littérature, ouvrage de Sylvie Vignes paru en octobre 2020 aux éditions Atlande.
Suite au tsunami qui a ravagé les côtes sri lankaises en 2004, une soudaine prise de conscience amenait, on s’en souvient, Emmanuel Carrère à écrire D’autres vies que la mienne ; dans une perspective à la fois proche et tout autre, cet ouvrage constitue une invitation à nous confronter un moment à d’autres vies que la nôtre.
Il traite en effet des animaux sauvages, tels que les présentent les littératures narratives de langue française depuis le « tournant animal » (Sophie Milcent-Lawson) amorcé vers la fin de la Seconde Guerre mondiale, jusqu’à nos jours. Avec la naissance et le développement de l’écopoétique et de la zoopoétique, il ne s’agit notamment plus de disserter sur le concept de « l’Animal », mais de regarder les animaux dans leur diversité et leurs individualités.

- Lignes de terre. Écrire le monde rural aujourd’hui, essai de Jean- Yves Laurichesse paru en 2020 dans la Revue des Lettres Modernes Minard/Classiques Garnier.
La ruralité aurait pu sortir définitivement de la littérature avec la « fin des paysans », annoncée par Henri Mendras en 1967 dans un livre qui fit date. Ce thème privilégié du roman régionaliste, entaché de « pétainisme » après 1945, avait certes retrouvé la faveur du public dans les années 1970, mais plutôt par l’histoire ou le témoignage. L’enjeu de ce livre est de mettre en lumière la fécondité littéraire du thème rural à partir des années 1980. Qu’il s’agisse de restituer, non sans mélancolie, le « temps d’avant », ou de décrire les campagnes d’aujourd’hui, dans leur survie et leurs difficultés, le sentiment que quelque chose d’essentiel s’est perdu avec la « civilisation paysanne » hante les poétiques contemporaines.
 

- Ouvrage collectif Routes et dé-routes dans la littérature francophone subsaharienne (Adama Coulibaly & Serge Agnessan dir.) à paraître en 2023 dans la Revue des Lettres modernes-Minard aux classiques Garnier, dans la collection "Littératures francophones au présent", sous la direction de Sylvie Vignes.