Séminaire Intersites XIXe siècle : Portrait de l'histoire au XIXe siècle

Publié le 1 novembre 2018 Mis à jour le 18 mars 2019
du 9 novembre 2018 au 10 mai 2019
Chaque séance débutera à 14h. 
Séance 1 : Université de Perpignan, Bibliothèque Françoise Haffner, Batiment Y, Salle Y2-31
Séance 2 : Université Paul-Valéry Montpellier, Site Saint Charles 1, Salle 004
Séance 3 : Université Toulouse Jean Jaurès, Nouvelle Maison de la Recherche, Salle F422

Comité d’organisation : Fabienne Bercegol (PLH) Marie Blaise (CRISES) Magali Charreire (CRISES) Marine Le Bail (PLH) Nathalie Solomon (CRESEM) Sylvie Triaire (CRISES)

Des chercheurs dix-neuviémistes littéraires, historiens, historiens de l’art de trois universités d’Occitanie –  Université Paul-Valéry, Montpellier 3,  UPVD Perpignan, Université Toulouse Jean-Jaurès – organisent entre 2018 et 2020 un séminaire de recherche sur le portrait historique et ses enjeux historiographiques, esthétiques, idéologiques au XIXe siècle, à raison de trois séances annuelles, une dans chacune des universités concernées.
 
L’apaisement de la conflictualité entre histoire et littérature, la vitalité des questionnements sur leur nature propre et les pratiques de croisements entre ces disciplines, dont témoigne par exemple la démarche « littéraire » revendiquée par Ivan Jablonka ou Patrick Boucheron, invitent à reconsidérer le motif du portrait historique au carrefour de l’histoire et de la littérature. De fait, l’historien reproche fréquemment à la littérature de ramener la discipline historique « au rang de science auxiliaire de l’invention romanesque » pour des écrivains « libres de tout scrupule et de toute entrave ». La littérature démoraliserait-elle l’histoire ? L’objectif de notre séminaire est de porter la question dans l’espace particulier du portrait d’histoire. 
Le portrait d’histoire, au XIXe siècle, compose des figures qu’une nation, selon les infléchissements de son histoire politique, reconnaît, investit et autour desquelles elle se configure : personnages publics (le grand homme, écrivain, artiste, politique, scientifique) et anonymes (devenus objets de la représentation et sujets de l’histoire). Le XIXe siècle, né de la Révolution comme le dit Hugo, hanté par elle, secoué par ses répliques, est particulièrement traversé et travaillé par ces figures publiques : d’une part celles des grands contemporains (Danton, Robespierre, Napoléon, Chateaubriand, Hugo), tutélaires ou écrasantes, « phares » ou monstres, qui pèsent sur tout le siècle ; d’autre part, des figures empruntées au passé (Homère, Jeanne d’Arc, Coligny, Shakespeare, Dante), organisées, perçues, interprétées à la lumière des temps nouveaux.
 
Alors qu’avant la cassure de la Révolution les portraits des grands hommes visaient surtout à constituer des exempla, ils deviennent, selon l’expression de Baudelaire, « des biographies dramatisées ». Comment les anonymes (le Jacques de Michelet, les émeutiers de Flaubert, les passants de Baudelaire, le dormeur du val de Rimbaud…) relèvent-ils du portrait d’histoire ? Ce sera aussi l’un des objectifs du séminaire que de le déterminer. 
Il s’agira donc, pour porter la question de la démoralisation de l’histoire, de considérer le portrait historique dans ses tensions formelles et ses ambiguïtés référentielles, en l’analysant entre histoire et littérature, entre mimésis et fiction, entre témoignage, archive, incarnation signifiante de l’histoire et construction esthétique, exploration anthropologique, entreprise idéologique. 

Programme : 
  • Séance 1 - Perpignan le 9 novembre 2018 – 14h
    • PRESENTATION GENERALE DU SEMINAIRE
      • Marie Blaise, Nathalie Solomon, Sylvie Triaire
    • POETIQUE DU PORTRAIT
      • Sophie Van den Abeele, Université Paris Sorbonne, « 'une sorte de grimace souriante, pincée et ridée qui le fit comparer par Mirabeau à un chat qui a bu du vinaigre' : portrait moral, portrait éclaté, portrait effacé chez Vigny »
      • Fabienne Bercegol, Université Toulouse Jean Jaurès, « Entre histoire, morale et poésie : portraits et maximes dans les Mémoires d’outre-tombe de Chateaubriand »
  • Séance 2 - Montpellier
    • LE PORTRAIT ET LA FABRIQUE DE L’HISTOIRE
      • Paule Petitier, Université Paris Diderot, « Enjeux historiques de l'écriture du portrait. L'exemple de Michelet »
      • Magali Charreire, Université Paul-Valéry-Montpellier, « Le portrait peint comme source historique. »
  • Séance 3 - Toulouse
    • LA RECONNAISSANCE
      • Sophie Mentzel, Université Paris Sorbonne nouvelle, « Icône ou grimace ? le portrait du roi sur la scène romantique »
      • Pierre Stépanoff, musée Fabre, « Donner un Visage au passé : les portraits de figures nationales en France des Lumières au Romantisme. »