Projet IUF de Laurent BRICAULT

L’Égypte et les Autres. Histoire et historiographie d’un processus d’interaction religieuse


Présentation : 
 
Les trois principales traditions religieuses qui ont façonné l’Europe jusqu’à nos jours (christianisme, judaïsme et islam) sont le résultat d’une évolution fondamentale qui s’est effectuée essentiellement autour du bassin méditerranéen. Les dieux originaires de Méditerranée orientale, parmi lesquels les divinités du polythéisme égyptien, ont joué un rôle primordial dans ce développement.
 
Après la Seconde Guerre mondiale, un réseau de recherche européen se mit en place, autour des figures scientifiques majeures que furent l’historien des religions hollandais M. J. Vermaseren et l’égyptologue français J. Leclant. Vermaseren s’était fixé comme objectif de rassembler et de publier, avec l’aide de collègues de toute l’Europe, toutes les données disponibles pour l’étude des religions alors dites orientales en créant pour cela, en 1961, une collection, les Études préliminaires aux religions orientales dans l’empire romain. Cette série existe encore aujourd’hui, sous un autre nom, et 188 titres ont été publiés. Au sein de l’Institut de France, la carrière de Leclant se centra sur le dossier le plus vaste et le plus important : celui des cultes originaires d’Égypte (Isis, Sarapis, Osiris, etc.) et, plus généralement, du rôle attribué à l’Égypte par la civilisation européenne dans son développement et sa structuration intellectuelle. Grâce aux initiatives d’une nouvelle génération de chercheurs, depuis l’an 2000 environ, les études isiaques constituent aujourd’hui un domaine de recherche bien établi pour qui veut étudier les questions relatives aux interactions culturelles Est-Ouest et la formation des identités culturelles qui en résultent.
 
Dans ce cadre, le projet L’Égypte et les Autres se proposait de : 
  1. consolider ce qui a été accompli au cours des dernières décennies, notamment par le biais de nouveaux outils Web, de plates-formes collaboratives et de bases de données, ainsi que de toutes les données archéologiques et historiques disponibles, intégrant une Europe de l’Est longtemps négligée ;
  2. développer davantage le domaine afin qu’il puisse jouer un rôle plus important dans des débats intellectuels plus larges sur l’identité européenne, la mondialisation antique, l’orientalisme, l’innovation culturelle, etc., principalement par le biais d’études approfondies des principaux problèmes d’interprétation ;
  3. diffuser plus largement ses résultats, notamment auprès du grand public, en posant des questions sur l’identité et le patrimoine.