" 'Et moi avec eux' : sur le récit de filiation contemporain"", 4e séance du Séminaire PLH-ELH/ Avatars de la «situation narrative» dans la littérature française et francophone des années 80 à nos jours

Publié le 19 décembre 2014 Mis à jour le 11 mars 2019
le 29 janvier 2015
 17h15
Université Toulouse - Jean Jaurès
Maison de la Recherche D 31

Conférence de Guy Larroux (Université Jean Jaurès), dans le cadre du séminaire animé par Sylvie Vignes, à 17H15

 Au cours des trente dernières années il nous a été donné d’assister à l’émergence et à l’affirmation d’un genre narratif spécial dont l’existence est à présent dûment établie : le récit de filiation. Signe des temps assurément, celui-ci a été rapidement agréé et par les lecteurs et par les spécialistes qui cartographient la littérature actuelle. La théorie a suivi de près la pratique de sorte que nous disposons déjà de définitions, mais qui doivent être éprouvées. Nous retiendrons pour l’examiner un des traits structurels de cette définition, celui-ci : qui entreprend le récit de l’autre (parents, aïeux) accomplit un détour pour s’atteindre soi-même. Dans une certaine mesure, on pourrait donc dans le récit de filiation, comme le suggère Dominique Viart, « un substitut de l’autobiographie ». Ici, on y verra surtout une invitation à observer de près la situation narrative (telle que la conçoit la narratologie classique), le personnel du récit, la relation de personne dans ses formes diverses, originales, parfois confondantes. Nous nous appuierons pour cela sur quelques œuvres maîtresses (Michon, Bergounioux, Cixous) mais aussi, car on ne saurait se limiter au panthéon, à des textes moins connus comme celui de Gwenaëlle Aubry (Personne) à qui nous empruntons la formule « et moi avec eux ».