Arcs-en-ciel et couleurs. Regards comparatifs

Publié le 7 mai 2013 Mis à jour le 3 mai 2019
du 17 mai 2013 au 18 mai 2013  Paris, Musée du quai Branly et Institut national d'Histoire de l'Art

organisées dans le cadre du PRI: « Pratiquer le comparatisme : terrains, textes, artefacts »

 

Après la parution du volume collectif L’Antiquité en couleurs : catégories, pratiques, représentations (Grenoble, Millon, 2009), issu de réflexions communes entamées depuis 2003, les membres de l’atelier Chromo ont souhaité reprendre l’étude des couleurs afin d’approfondir l’expérience comparatiste. Une piste d’analyse suggérée par plusieurs des contributions méritait d'être explorée : les jeux d’opposition entre coloré et incolore, polychrome et monochrome, avec toute la gamme des gradations intermédiaires qui les accompagnent : peu coloré/très coloré, terne/chatoyant, mat/lumineux, foncé/clair. De telles polarités sont mobilisées en connexion avec d’autres types d’opposition : création/chaos, animation/absence de vie, pureté/dévoiement, simplicité/excès, vérité/mensonge, etc.
Cette piste invite à appréhender la question des couleurs de manière dynamique, à travers les processus de différenciation des couleurs, de diffraction, mais aussi d’altération, de réduction
et de disparition de la couleur. Pour ouvrir l’enquête, nous avons choisi de partir d’un objet qui permet de croiser la question de l’incolore, du coloré, du polychrome et du monochrome, tout en prenant en compte la temporalité des effets chromatiques : l’arc-en-ciel.  Si plusieurs études ont été consacrées à l’histoire de sa perception par les hommes, aucune n’a abordé le sujet dans une perspective comparatiste.

L’arc-en-ciel sera donc pour nous un moyen d’interroger les couleurs de façon dynamique, dans leur dimension temporelle (apparition/ disparition ; éphémère/permanent) et cosmogonique (manifestation d’une puissance « surnaturelle », relation avec un « autre » monde, lien avec la genèse de l’univers). La réflexion pourra éventuellement s’ouvrir sur les phénomènes d’ « irisation » et d’« iridescence » qui se trouvent associés à des matières (fleurs, plumes, écailles, mosaïque,…), à des animaux (serpent, caméléon, colibri), etc. - autant de réalités concrètes susceptibles de produire des phénomènes chromatiques impalpables, fugaces, mais hautement évocateurs, ainsi que l’illustrent, entre autres, les mythes amérindiens étudiés par Lévi-Strauss sur le serpent/arc-en-ciel primordial associé à la genèse des couleurs.
Contact :
Adeline Grand-Clément