Laisser son nom : femmes et actes de mémoire dans les sociétés anciennes

Publié le 24 février 2014 Mis à jour le 3 mai 2019
le 4 avril 2014 UFR Histoire, Arts et Archéologie, salle H014.

Journée d’étude organisée avec le soutien de la MSHS de Toulouse, des laboratoires ANHIMA (Paris), TRACES et PLH-ERASME (Toulouse), dans le cadre du projet porté par Adeline Grand-Clément (Toulouse 2), Sandra Péré-Noguès (Toulouse 2), Violaine Sebillotte Cuchet (Paris I) et Sandra Boehringer (Strasbourg).

Cette journée servira à lancer le programme de recherche intitulé « Celles qui avaient un nom. Marques du genre dans l’Antiquité gréco-romaine » (Paris/ Strasbourg/ Naples/ Toulouse), qui vise à la constitution d’une base de données (accessible en ligne) consacrée aux figures féminines de la Grèce archaïque et classique nommées dans nos sources. L’enjeu de la rencontre sera triple :

- replacer une telle entreprise dans un contexte scientifique plus large, avec une ouverture à la fois interdisciplinaire et diachronique, grâce à la présence d’anthropologues/sociologues et d’historiens non antiquisants.

- associer de jeunes chercheurs au projet en leur permettant de présentant leurs recherches en cours.

- avancer de manière concrète sur les modalités pratiques de la constitution de la base de données et établir un cahier des charges ainsi qu’un calendrier de travail précis. Un séminaire en résidence est d’ores et déjà prévu à Treilles en juin 2016.

La journée se déroulera donc en deux temps :

-La matinée s’ouvrira par une introduction présentant la journée et le projet, puis des communications permettant d’aborder, grâce à des éclairages différents et complémentaires, un problème qui ne concerne pas uniquement le monde gréco-romain mais trouve des résonances dans le monde contemporain. L’absence de visibilité des femmes dans l’histoire doit en effet être considérée comme une réalité historique d’importance : les femmes dont on parle restent souvent anonymes ; elles portent le nom de leur père ou de leur époux dans les sources conservées.
Il s’agira donc de faire varier les points de vue et le type de documentation mobilisée, en sortant (pour le monde grec) du cas athénien, le plus connu. On privilégiera notamment la documentation non littéraire (épigraphie, papyrologie, numismatique, iconographie), afin d’avoir une bonne idée du matériel disponible pour dresser l’inventaire des femmes qui laissé leur nom. On réfléchira à la façon d’utiliser la documentation, en prenant en compte ses spécificités. Les femmes concernées ont-elles été nommées par des tiers (masculins) ou de leur propre chef ? Quelle place ont-elles occupé dans leurs familles, la société ? Pourquoi ont-elles laissé leur empreinte dans la mémoire collective ? Les questions abordées permettront de poser la question de leur engagement dans les sociétés antiques mais aussi des mécanismes de transmission de la mémoire des noms féminins.

-L’après-midi sera consacré à un travail en atelier destiné à mettre au point la méthode de traitement et d’analyse des données concernant des exemples de femmes antiques (re)nommées. Pour chaque intervention, il s’agira de présenter toute la matière disponible (corpus documentaire, historiographie et bibliographie, questionnements,…), afin de réfléchir collectivement à la constitution de fiches pour la base de données informatique.

La journée se terminera par une mise en commun des résultats obtenus (avec mise au point de la liste des rubriques) et une proposition de mode opératoire et de calendrier pour la suite du programme.

 

 
 

PROGRAMME


 
 
Matinée (9h-12h45)
 
9h: Introduction et présentation du projet : Adeline Grand-Clément (Toulouse 2, PLH ERASME,) et Violaine Sebillotte Cuchet (Paris I, ANHIMA)
 
9h15: Agnès Fine (Toulouse, EHESS) : Patronyme et matronyme. Anthropologie de la révolution du nom.
 
9h50: Natacha Baboulène-Miellou (Toulouse 2, CAS-LISST) : Créer une star à Hollywood : la question du nom.
 
10h20: Annalisa Paradiso (Matera, Univ. de la Basilicate) : Garder et transmettre la mémoire des femmes. Sur quelques Lacédémoniennes soustraites à l’oubli.
 
10h50-11h: pause
 
11h: Romain Guicharrousse (Paris I, ANHIMA) : Gravées dans la mémoire. Identifier et transmettre un nom par l’épigraphie : le cas des femmes d’origine étrangère à Athènes à l’époque classique.
 
11h30: Claire Jacqmin (ANHIMA/CRAHAM) : Des voix de femmes dans la cité grecque archaïque : le cas des dédicaces athéniennes.
 
12h: Sandya Sistac (Toulouse 2, TRACES) : Illustres inconnues : l’anonymat et la mémoire collective chez Polyen (IIe s. ap. J.-C.).
 
12h30: Discussion animée par Claudine Leduc (Toulouse 2, PLH-ERASME)
 
 
Pause déjeuner
 
 
Après-midi : Travail en atelier (14h-18h)
 
Marie Augier (Strasbourg, ARCHIMEDE) : Ces citoyennes athéniennes qui ont un nom: Lysistrata, Satyra et Zeuxiôn.
 
 Sandra Boehringer (Strasbourg, ARCHIMEDE) : Pour en finir avec les rumeurs. Philaenis, c. IVe siècle av. J.-C., auteure du manuel Savoir faire l’amour.
 
 Ida Brancaccio (Naples, Univ. Federico II) : Le pitagoriche Periktione e Phintys

Sandra Péré-Noguès (Toulouse 2, TRACES) et Charlie André-Guillon (Toulouse 2, TRACES) : La mystérieuse Turia ou questions autour de l'éloge d'une femme.
 
 Jean-Marie Pailler (Toulouse 2, TRACES), Les Grandes Vestales. Une demeure, des statues et des noms.
 
Adeline Adam (Paris VII, CERILAC), Paris VII), Agrippina Maior (14 av. J.-C. - 33 ap. J.-C.), fille de Julia et chef de parti.
 
17h30 : Mise en commun et discussions finales.