Journée d'études PLH-ELH sur le cinéma de Béla Tarr, "de la colère au tourment"

Publié le 26 janvier 2014 Mis à jour le 14 avril 2019
le 6 février 2014
 9H30-17H00
 La Fabrique culturelle

Cette journée d’études, organisé par Corinne Maury pour ELH, se propose de questionner l’oeuvre de Béla Tarr selon des approches diverses et complémentaires : esthétiques, littéraires, philosophiques et plastiques.

 En 1987, Béla Tarr déclarait dans une interview à Libération : « Je déteste les histoires, puisque les histoires font croire qu’il s’est passé quelque chose. Or il ne se passe rien : on fuit une situation pour une autre. De nos jours, il n’y a que des situations, toutes les histoires sont dépassées ; elles sont devenues lieux communs, elles sont dissoutes en elles-mêmes. Il ne reste que le temps. La seule chose qui soit réelle, c’est probablement le temps ».

Cette déclaration est programmatique du cinéma de Béla Tarr, dès le film Damnation, en 1988. Alors qu’il entame une collaboration avec le romancier László Krasznahorkai, Béla Tarr abandonne en effet l’esthétique cinématographique frontale et bavarde qu’il avait adoptée dans ses premiers films au style réaliste. Il ne cesse de filmer des êtres désormais errant, qui parcourent les plaines de la Hongrie postcommuniste, ou des âmes damnées qui se perdent dans des bars vétustes. Il adopte alors un formalisme cinématographique strict et singulier : pellicule noir & blanc, travellings latéraux, longs plans au steadycam accompagnant ceux qui errent, attendent, escroquent, épient. Le cinéma de Béla Tarr ne génère pas de hiérarchies ; tout y résonne dans une permanence d’échos et de frottements : ciel, sols, hommes, femmes, animaux, lieux, objets se lient dans le quotidien comme des intensités contenues que la pluie enclot.

Cette journée d’études se propose de questionner l’oeuvre de Béla Tarr selon des approches diverses et complémentaires : esthétiques, littéraires, philosophiques et plastiques.


9h30 Corinne Maury Présentation

9h45 Corinne Maury (Université de Toulouse II - le Mirail)

De l’habitat d’État à l’errance damnée (
Nid familial, Rapports préfabriqués, Almanach d’Automne, Damnation). 

10h45 Damien Marguet (Université Sorbonne - Nouvelle Paris 3)

Sátántangó ou les ellipses de la traduction.

11h45 Patrick Barrès (Université de Toulouse II - Le Mirail)

Plan noir & blanc - séquence, une invention du lieu (
Damnation, Les Harmonies Werckmeister et Le Cheval de Turin). 

 

Pause déjeuner

14h30 Sylvie Rollet (Université de Poitiers)

Du possible retournement d’un art sans aura (Damnation, Sátántangó, Les Harmonies Werckmeister). 

15h30 Guillaume Sibertin Blanc (Université de Toulouse II - Le Mirail)

Les figures de la communauté dans
Les Harmonies Werckmesiter et Sátántangó.

16h30 Discussion.

 

Contact :