• <Libellé inconnu>,

Antiquité et Anthropologie. Bilan et perspectives

Publié le 6 mars 2010 Mis à jour le 23 juin 2018
du 18 mars 2010 au 19 mars 2010
Jeudi 18 & vendredi 19 mars 2010
Maison De la Recherche - salle D31
Maison de la Recherche - Salle D31

Antiquité et anthropologie

À partir des années 1950, les recherches portant sur l'Antiquité, qu'on l'appelle "classique" ou non, associent de plus en plus à leur démarche les méthodes et les apports de l'anthropologie.
Dans ce contexte, l'étude des sociétés anciennes se construit le plus souvent dans un rapport à cet objet qui repose tantôt sur le registre du proche, tantôt sur celui du lointain.D'un côté, par un lien de proximité jamais rompu, nous serions les héritiers des Anciens qui nous auraient transmis pour étude, et comme legs, des institutions politiques, des valeurs morales, des codes esthétiques, des conceptions de l'autre, des modes de pensée, des manières d'agir, de souffrir, d'aimer. D'un autre côté, les Anciens seraient toujours à distance, dans le lointain, parce que nous sommes séparés de leurs expériences non seulement par un écart temporel qui tient du temps long,mais aussi par un ensemble de ruptures, "renaissances" ou "redécouvertes", qui nous font appréhender les Grecs, les Romains et ceux avec lesquels ils sont entrés en contact comme profondément autres. À ce lointain imposé par les conditions historiques s'ajoute la mise à distance
opérée par le savant vis-à-vis de son objet, de manière à mieux en dégager la singularité. Le questionnement anthropologique est, en lui-même, porteur d'un "regard éloigné". Certes, un tel clivage n'est qu'une des modalités à partir desquelles formuler les rapports entre Antiquité et anthropologie. Quant à la complémentarité que cet écart recèle, elle n'a pas toujours été mise à profit pour explorer la richesse qu'il y aurait à regarder le même objet Antiquité "de près et de loin".Toutefois ces deux versants constituent un point de départ et un repère utiles pour s'interroger sur l'état présent des relations entre Antiquité et anthropologie. Quels bilans peut-on tracer ? Quelles références, quelles oeuvres se sont imposées ? Quels modèles d'analyse ont été adoptés et adaptés ? Jusqu'au milieu des années 1980, en côtoyant l'anthropologie sociale et culturelle, mais aussi la sociologie durkheimienne et la psychologie historique, les spécialistes de l'Antiquité forgent à leur usage une démarche très certainement, une discipline peut-être : l'anthropologie historique de l'Antiquité. Quels débats sont apparus depuis ce moment ? Qu'est devenue, que devient, par exemple, l'anthropologie du politique et de la cité ? Quels nouveaux objets se construisent au contact de l'anthropologie et de dossiers documentaires renouvelés grâce à elle ? Les émotions, les couleurs ont fait l'objet d'études récentes. Comment des domaines explorés depuis plus longtemps - le religieux, les moeurs, le corps, la violence et la guerre - se renouvèlent-ils ? L'objet de ces journées est de parvenir à un état des recherches, sous la forme à la fois de bilans et de perspectives portant sur les domaines d'étude de l'Antiquité où les chercheurs ont fait le pari d'associer l'anthropologie à la définition de leur objet et à l'élaboration de leur méthode et des hypothèses qui en découlent.

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