"Micros récits" de l'Antiquité et écriture de l'histoire à la Renaissance

Publié le 15 février 2013 Mis à jour le 28 janvier 2019
du 13 mars 2013 au 14 mars 2013 Université de Toulouse II-Le Mirail,
Maison de la Recherche, salle D29

Colloque international organisé par le laboratoire PLH-ERASME.

A travers la notion de « micro récits », il s’agit de mesurer la part qu’ont pu prendre la lecture et l’imitation des historiens de l’Antiquité à l’élaboration d’une nouvelle manière d’écrire et de penser l’histoire au XVIe siècle. Dans cette perspective, on envisagera d’abord le préfixe « micro » en termes formels : le « micro récit » sera alors considéré comme une séquence narrative brève pris dans un ensemble plus vaste auquel elle est arrachée pour être intégrée dans un autre texte. Ce phénomène de transplantation conduira à s’interroger sur les conditions de possibilité de cette extraction, sur les modalités d’insertion dans le texte second, sur l’assimilation de cette « pièce rapportée » ou au contraire sur le maintien de son hétérogénéité.
On privilégiera les phénomènes de discontinuité, de digression, tout ce qui constituera ces micro récits en « zones troubles » rompant le fil d’une histoire téléologique. La narrativité saisie dans sa brièveté sera dès lors envisagée comme un élément moins de cohérence que
de démantèlement, ce qui pourrait permettre de penser la place faite à la contingence, au hasard dans l’écriture de l’histoire. Par ailleurs, le préfixe « micro » pourra être pensé
en relation avec le « contenu » des récits. On se rapprochera alors des notions, non théorisées au XVIe siècle, d’anecdote et de fait divers. L’étude en ces termes de la réception de l’Antiquité pourra dès lors être mise en relation avec les concepts de « micro histoire » et d’ « exceptionnel normal » (Carlo Ginzburg). On sera alors conduit à se demander en quels termes les humanistes pouvaient penser la notion moderne d’événement, comment ils articulent, en se démarquant peut-être des Anciens, le public et le privé, quelle place ils accordent à ce qui pourrait sembler n’être que des accidents.
Contact :
Philippe Marengo