Soutenance d'HDR de Adeline Grand-Clément

11 décembre 2021

Publié le 15 décembre 2021 Mis à jour le 17 décembre 2021

Adeline GRAND-CLEMENT présente ses travaux en soutenance en vue de l'obtention de l'Habilitation à diriger des recherches autour de l'Histoire et anthropologie des sensibilités dans le monde grec ancien.
INHA, Galerie Colbert, salle Walter Benjamin, 2 rue Vivienne, 75002 Paris. Samedi 11 décembre, 9h.

Jury


Vincent Azoulay, Valérie Huet, David Konstan, Vinciane Pirenne-Delforge, Gabriella Pironti, François de Polignac, François Quantin


Le mémoire inédit s'intitule « Expérience sensible et rituels en Grèce ancienne (représentations et pratiques) » et accompagne le mémoire de synthèse « L’Antiquité buissonnière : sur les sentes de l’histoire grecque » ainsi qu’un florilège de publications scientifiques.
Adeline Grand-Clément mène des recherches sur le monde grec ancien, dans la perspective d’une histoire culturelle et d’une anthropologie des sensibilités. Depuis ses recherches sur les couleurs, elle a élargi aux autres domaines sensoriels, en tentant de saisir les modalités de la perception grecque, notamment en contexte rituel. Elle travaille aussi sur la réception de l’Antiquité, afin de mettre en lumière les manières dont, en particulier au XIXe siècle, l’héritage grec a été réinventé, transformé, revendiqué ou au contraire contesté. Le va-et-vient entre passé et présent lui semble important pour opérer un décentrement et comprendre la complexité et la richesse des façons de lire et d’habiter le monde, au cours du temps. Voilà pourquoi elle s’attache à entretenir un dialogue constant avec les autres historien.nes mais aussi les anthropologues, privilégiant les échanges comparatistes entre aires culturelles et périodes. Elle a participé à plusieurs programmes ANR ou ERC, et dirigé pendant 2 ans un programme interdisciplinaire nommé « Synaesthesia-Expérience du divin et polysensorialité dans les mondes anciens. Approche interdisciplinaire et comparée » (2015-2017), financé par l’Idex du pôle toulousain, avant de devenir membre Junior de l’IUF (2016-2021). Elle enseigne depuis 2007 comme Maîtresse de conférence à l’Université Toulouse Jean Jaurès et a organisé plusieurs voyages d’étude avec les étudiant.es, en fondant l’association Périples. Elle a également assumé sa part de charges administratives et s’est fortement investie dans la valorisation de la recherche, en collaborant avec d’autres chercheuses et chercheurs pour l’organisation d’expositions, de colloques et de journées d’étude. Le mémoire inédit présenté pour l’obtention de l’habilitation explore les possibilités qu’offre la documentation écrite, mais aussi figurée et archéologique, pour reconstituer les dispositifs sensoriels mis en place par les Grecs pour communiquer avec leurs dieux, de l’époque archaïque à la période hellénistique. En abordant les pratiques rituelles sous l’angle du sensible (qui comprend tant le champ de la perception par les sens que celui de l’expérience affective), elle souhaite contribuer à l’histoire du polythéisme grec. Dans le mémoire de synthèse, elle retrace les sentiers qu’elle a parcourus mais fait aussi part de l’horizon futur de ses recherches : une anthropologie historique de la nature. Convaincue que les scientifiques doivent assumer leur rôle et faire entendre leur voix dans la catastrophe écologique actuelle, et que seule la force du collectif permet de rompre les barrières disciplinaires, elle compte maintenir son engagement au sein de l’Atecopol, l’Atelier d’écologie politique de Toulouse, aux côtés d’autres chercheuses et chercheurs.