Publication du dernier numéro de la revue Littératures, n°82 : Vivre avec le deuil de la Résistance. Relectures de l'après-guerre

Publié le 17 février 2021 Mis à jour le 17 février 2021
du 17 février 2021 au 17 mars 2021

Ce dernier numéro de la revue Littératures s'intéresse à la notion de deuil de la Résistance dans la littérature d'après-guerre. Ce numéro coordonné par Julien Roumette réunit les actes du séminaire 2019-2020 de l'équipe ELH sur le deuil de la Résistance et de la journée d'études qui l'avait prolongé le 20 janvier 2020.

Vivre avec le deuil de la Résistance. Relectures de l’après-guerre

Auteur : Julien ROUMETTE (coord.)
N° ISBN : 978-2-8107-0713-3
PRIX : 23.00 €
Format et nombre de pages : 13,5 × 22 cm - 228 p.


À l’heure où la mémoire de la Résistance s’estompe avec les derniers témoins, il est urgent de questionner nos représentations de cette période, qui se sont pour la plupart mises en place dans un après-guerre dont nous gardons une image tronquée. Ce volume, rassemblant historiens et spécialistes de littérature, propose de les réexaminer à la lumière de ce que l’on peut appeler le deuil de la Résistance et des idéaux qu’elle a incarnés, face à un après-guerre qui n’a pas ressemblé à ce dont avaient rêvé les résistants. Loin des commémorations officielles, des œuvres, la plupart oubliées des histoires littéraires, ont porté ce deuil sous des formes originales, inattendues – où notre sensibilité d’aujourd’hui se reconnaît.
L’historienne Anne Simonin propose une étude inédite des refusés des Éditions de Minuit sous l’Occupation (François Vernet, Louis Parrot, Lucien Chauvet, Andrée Sikorska…), montrant l’émergence d’une image de la Résistance liée à la notion de dignité. Après la Libération, la difficulté de publier des romans discordants, comme celui de Ludovic Massé, Le Refus, montre à quel point il est compliqué de remettre en cause cette représentation. Pourtant, même l’œuvre de Vercors évolue sur ce point, après-guerre. Jean-Yves Laurichesse montre le poids inattendu de cette mémoire dans les premiers romans de Claude Simon, comme en témoignent également la résurgence compliquée de l’expérience du maquis chez Louis-René des Forêts, ou sa place dans les recueils de Pierre Emmanuel et André Frénaud. Les littératures de genre, roman policier et science-fiction, alors en pleine expansion, participent de ce mouvement qui traverse toute la littérature de l’époque, entre contre-discours et réécriture symbolique.


Julien ROUMETTE enseigne à l’université de Toulouse - Jean Jaurès. Il dirige les séries « Romain Gary » et « Georges Perec » de La Revue des lettres modernes. Il a publié Romain Gary ou le deuil de la France Libre (2018), a dirigé Les irréguliers, un autre après-guerre : Gary, Guilloux, Malaquais… (2014), Romain Gary, l’ombre de l’histoire (2007), Récits d’Ellis Island de Georges Perec et Robert Bober au miroir contemporain (2019), co-dirigé le numéro d’ Europe consacré à Romain Gary (2014) ainsi que Jean Malaquais entre deux mondes (2017).