ROMAIN GARY, UNE VOIX DANS LE SIÈCLE

Publié le 23 novembre 2018 Mis à jour le 23 novembre 2018
du 23 novembre 2018 au 23 janvier 2019

Sous la direction de Julien Roumette, Alain Schaffner et Anne Simon

Lorsqu’en 1945 paraît le premier roman de Romain Gary, Éducation européenne, Émile Henriot s’exclame dans Le Monde : « Quelle joie devant un livre d’inconnu, de se sentir ferré, accroché dès la première ligne, et de pouvoir se dire à ne s’y point tromper : attention, il y a quelqu’un ! » Trente ans plus tard, des termes similaires reviennent sous la plume des critiques à propos de Gros-Câlin et de ce nouveau venu en littérature, Émile Ajar : une voix est présente et se fait entendre.
 
Une voix ou des voix ? De Tulipe à Europa, de La Danse de Gengis Cohn aux Enchanteurs ou Vie et mort d’Émile Ajar, l’oeuvre signée du nom de Romain Gary semble déjà elle-même composée de plusieurs voix. Caméléon et ventriloque, Gary anime et fait parler, traverse les générations, passe d’un univers à un autre – peu d’œuvres sont aussi diverses et ont traité de sujets aussi variés dans la littérature française d’après-guerre. Néanmoins l’unité d’une voix se fait entendre dans l’oeuvre à travers une fidélité sans faille aux idéaux de la France Libre, une attention précoce au vivant et à l’animalité, une oralité teintée d’humour et une inventivité verbale hors du commun.