Séminaire MAP 5 : Noms de dieux! Qui nomme les dieux? Enonciateurs, destinateurs, agents rituels 2020-2021

Publié le 22 octobre 2020 Mis à jour le 22 octobre 2020
du 9 novembre 2020 au 10 mai 2021 Maison de la Recherche
Université Toulouse-Jean Jaurès

Le séminaire ERC Advanced Grant MAP (Mapping Ancient Polytheisms) coordonné notamment par Corinne Bonnet reprend pour une nouvelle année à partir du 9 novembre 2020, avec des séances mensuelles en présentiel ou en visioconférence!

Séminaire 5 – Noms de dieux ! Qui nomme les dieux ? Énonciateurs, destinateurs, agents rituels.

L’équipe du projet MAP (Mapping Ancient Polytheisms) reprend son séminaire mensuel Noms de dieux !, cette année autour de la question "Qui nomme les dieux ? Énonciateurs, destinateurs, agents rituels". En raison de la situation sanitaire, le séminaire reprend, du moins pour les trois premières séances, en visioconférence sur Zoom.

Nommer les dieux est un savoir qui engage des sources d’autorité – poètes, prêtres, oracles – et la transmission d’un savoir, éventuellement d’une culture à l’autre. En lisant Pausanias, on constate que la transmission de ce savoir met en acte des informateurs et usagers locaux, mais aussi un voyageur soucieux de livrer une image des traditions “grecques”.

En parcourant les inscriptions de sanctuaires ou d’autres lieux, ces multiples usagers apparaissent en action : hommes, femmes, citoyens ou non, détenant des pouvoirs ou exerçant des activités diverses, ce sont les agents humains qui, en nommant les dieux dans leurs actes religieux, modulent les configurations polythéistes aux différentes échelles de la Méditerranée. La documentation épigraphique est fondamentale pour analyser l’agentivité (agency) humaine qui s’exerce en nommant le divin. C’est elle qui permettra la comparaison entre mondes grec et sémitique.

En reprenant le mot clé d’agency ou « agentivité », nous voulons situer les noms divins dans une communication : les différents modes d’action des humains à l’égard des divinités nommées doivent permettre ensuite de replacer l’acte de nommer dans un faire rituel, social, voire politique, qui met en jeu des choix, des stratégies à l’égard du ou des nom(s) donné(s) aux divinités sollicitées ou évoquées. En ce sens, c’est aussi au sein des champs sociaux et politiques que nous tenterons de situer les noms des dieux.

Les questionnements, nombreux, doivent conduire à prendre en compte dans chaque dossier les informations pertinentes relatives aux agents individuels ou collectifs : leur mode d’action, leur désignation, leur genre, leur statut social, leur activité, leur origine géographique affichée, mais aussi l’impact politique des stratégies de dénomination, le statut d’autorité des agents, la transmission du nom selon un savoir partagé ou une expertise, ou bien encore selon des contextes de multiculturalisme, la mobilité et les réseaux d’acteurs dans leur articulation à des choix de dénomination… De ce point de vue, l’attention portée aux sources écrites, qui véhiculent les noms des agents humains comme divins, sera privilégiée ; mais les représentations visuelles de ces agents pourront également être prises en compte.