Colloque international "Observateurs et spectateurs dans l'art et la littérature de l'Antiquité au milieu du XVIIe Siècle"

Publié le 13 novembre 2021 Mis à jour le 23 novembre 2021
du 24 novembre 2021 au 26 novembre 2021 Université Toulouse-Jean Jaurès

Ce colloque international s'intéresse, dans une perspective interdisciplinaire, à la figure de l'observateur dans les arts.

La question de traitement de l’espace a, en histoire de l’art, une longue tradition, lors de laquelle les chercheurs ont particulièrement exploré les techniques de la projection sur un plan de la troisième dimension. Toutes ces recherches, souvent orientées vers ce qu’on appelle usuellement la perspective, ont pour la plupart porté sur les procédés, en relation avec la vue naturelle, et se sont donc attachées à ce qu’on pourrait appeler la part optique de la question, à laquelle le développement de la photographie a subitement donné un point de repère nouveau et particulier. Elles ont également beaucoup insisté sur les habitudes, les conventions, les traditions, allant, pour certaines, jusqu’à traiter la perspective dite géométrique comme l’une de ces traditions, nécessitant, comme les autres, une sorte d’apprentissage naturel (Panofsky, Gombrich). D’autres recherches (M. Fried) ont abordé la question de la perspective dans le cadre d’une relation entre l’œuvre, notamment ses personnages, et le public (le spectateur), introduisant la notion d’admoniteur pour les personnages qui semblent s’adresser au public.

Pourtant, l’enjeu du développement de la perspective, sous sa forme accomplie, dite géométrique (art occidental depuis la Renaissance), ou sous des formes partielles, se contentant de combiner de simples traits perspectifs (art antique et médiéval), ne pose pas qu’un problème optique. Elle introduit, par rapport aux arts aspectifs (où l’image est construite sans le recours à ces traits perspectifs, comme l’art égyptien ou l’art grec archaïque), un élément nouveau et fondamental : un point de vue d’où le spectacle représenté passe, dans la fiction de l’œuvre, pour être vu. Or, ce point de vue suppose implicitement un observateur, tout aussi fictif, mais qui fait basculer l’image dans le rendu d’une subjectivité et qui ne se confond pas avec le public.

La question à laquelle les études en histoire de l’art n’ont encore que médiocrement répondu est justement celle qui porte sur l’irruption dans l’art, notamment de l’art occidental, de la subjectivité. Le colloque que nous proposons d’organiser vise donc justement à interroger le rôle de cet observateur, défini comme un personnage, représenté ou non, mais qui fait partie de l’image, avec ses différentes formes, et à poser les jalons d’une histoire de ce dernier, et ses relations avec les spectateurs, qui sont les personnes réelles regardant l’œuvre.

L’observateur peut être représenté, comme dans les Ménines de Vélasquez, ou figurer à l’intérieur de la scène sous la forme d’un ou plusieurs personnages auxquels sont comme délégués les pouvoirs d’observation de l’observateur implicite, qui pourtant persiste à exister, puisqu’il les voit, parfois de dos, comme dans les tableaux de Caspar David Friedrich. L’observateur implicite peut être abstrait, limité à un simple point de vue, ou au contraire faire sentir sa présence, s’élever dans les airs quand la vue est cavalière, voire agir directement sur les personnages représentés (les Vénus pudiques de l’Antiquité). Tout un jeu complexe peut se mettre en place entre ces observateurs et le ou les spectateurs, selon que l’observateur prétende se fondre dans le spectateur, ce qui est le propre du trompe-l’œil, ou que les personnages prétendent au contraire regarder ce dernier, l’invitant à entrer dans la fiction de l’œuvre, jouant, d’une façon générale, sur la relation entre le point de vue du spectateur et celui de l’observateur (la notion d’admoniteur est à repenser). Il faudra aussi considérer comment les multiples variations de ces jeux construisent une histoire de la subjectivité dans l’art, et comment l’art moderne a tenté de la déconstruire.

Comité d'organisation : FRAMESPA (M. Nayrolles) ; Il Laboratorio (M. Guerrier) ; PLH-CRATA (M. Luce et Mme Sageaux) ; PLH-ELH (M. Maupeu).

Contact : colloqueobservateurs@gmail.com

Liens Prisme pour suivre le colloque à distance : N.B. : Si les spectateurs tombent sur une page noire, ils doivent rafraîchir le lien régulièrement, jusqu’au lancement du streaming. Il faut ensuite cliquer sur la flèche pour lancer la lecture.