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Séminaire Intersites XIXe siècle : Portrait de l'histoire au XIXe siècle

du 9 novembre 2018 au 10 mai 2019
Chaque séance débutera à 14h.

Comité d’organisation : Fabienne Bercegol (PLH) Marie Blaise (CRISES) Magali Charreire (CRISES) Marine Le Bail (PLH) Nathalie Solomon (CRESEM) Sylvie Triaire (CRISES)

Affiche Séminaire Intersites XIXe siècle - 2018 ©

Affiche Séminaire Intersites XIXe siècle - 2018 ©

« Il y a deux manières de comprendre le portrait, l’histoire et le roman. L’une est de rendre fidèlement, sévèrement, minutieusement le contour et le modelé du modèle, ce qui n’exclut pas l’idéalisation [...]. La seconde méthode, celle particulière aux coloristes est de faire du portrait un tableau, un poème, avec ses accessoires, plein d’espace et de rêverie. Ici l’art est plus difficile parce qu’il est plus ambitieux. […]  Ici l’imagination a une plus grande part, et cependant, comme il arrive souvent que le roman est plus vrai que l’histoire, il arrive aussi qu’un modèle est plus clairement exprimé par le pinceau abondant et facile d’un coloriste que par le crayon d’un dessinateur.» 
Charles Baudelaire, Salon de 1846.  IX Du Portrait.

« Quand la nature et l'histoire se concertent pour composer un personnage, elles y réussissent mieux que l'imagination humaine. Ni Molière dans son Tartufe ni Shakespeare dans son Richard III n'ont osé mettre en scène l'hypocrite convaincu de sa sincérité et le Caïn qui se croit Abel. »
Hippolyte Taine, « Psychologie des chefs jacobins », 1884 (à propos de Robespierre)

Des chercheurs dix-neuviémistes littéraires, historiens, historiens de l’art de trois universités d’Occitanie –  Université Paul-Valéry, Montpellier 3,  UPVD Perpignan, Université Toulouse Jean-Jaurès – organisent entre 2018 et 2020 un séminaire de recherche sur le portrait historique et ses enjeux historiographiques, esthétiques, idéologiques au XIXe siècle, à raison de trois séances annuelles, une dans chacune des universités concernées.
Présentation :
L’apaisement de la conflictualité entre histoire et littérature, la vitalité des questionnements sur leur nature propre et les pratiques de croisements entre ces disciplines, dont témoigne par exemple la démarche « littéraire » revendiquée par Ivan Jablonka ou Patrick Boucheron, invitent à reconsidérer le motif du portrait historique au carrefour de l’histoire et de la littérature. De fait, l’historien reproche fréquemment à la littérature de ramener la discipline historique « au rang de science auxiliaire de l’invention romanesque » pour des écrivains « libres de tout scrupule et de toute entrave ». La littérature démoraliserait-elle l’histoire ? L’objectif de notre séminaire est de porter la question dans l’espace particulier du portrait d’histoire.
Le portrait d’histoire, au XIXe siècle, compose des figures qu’une nation, selon les infléchissements de son histoire politique, reconnaît, investit et autour desquelles elle se configure : personnages publics (le grand homme, écrivain, artiste, politique, scientifique) et anonymes (devenus objets de la représentation et sujets de l’histoire). Le XIXe siècle, né de la Révolution comme le dit Hugo, hanté par elle, secoué par ses répliques, est particulièrement traversé et travaillé par ces figures publiques : d’une part celles des grands contemporains (Danton, Robespierre, Napoléon, Chateaubriand, Hugo), tutélaires ou écrasantes, « phares » ou monstres, qui pèsent sur tout le siècle ; d’autre part, des figures empruntées au passé (Homère, Jeanne d’Arc, Coligny, Shakespeare, Dante), organisées, perçues, interprétées à la lumière des temps nouveaux.
 
Alors qu’avant la cassure de la Révolution les portraits des grands hommes visaient surtout à constituer des exempla, ils deviennent, selon l’expression de Baudelaire, « des biographies dramatisées ». Comment les anonymes (le Jacques de Michelet, les émeutiers de Flaubert, les passants de Baudelaire, le dormeur du val de Rimbaud…) relèvent-ils du portrait d’histoire ? Ce sera aussi l’un des objectifs du séminaire que de le déterminer.
Il s’agira donc, pour porter la question de la démoralisation de l’histoire, de considérer le portrait historique dans ses tensions formelles et ses ambiguïtés référentielles, en l’analysant entre histoire et littérature, entre mimésis et fiction, entre témoignage, archive, incarnation signifiante de l’histoire et construction esthétique, exploration anthropologique, entreprise idéologique.
On se demandera ainsi comment définir un portrait historique et quelles sont ses finalités dans l’histoire : illustrer, éclairer, incarner ou résumer l’histoire ; la moraliser, ou la problématiser. On étudiera ses variantes fictionnelles - dans le roman historique, l’épopée, le récit de l’historien, le portrait d’art, le récit de voyage… On suivra ses mutations formelles : portraits « en majesté », en pied, médaillons, par touches ou fragments…; composition en caractères (génie mélancolique, avare bilieux, fou furieux…), en types, allégories, caricatures ; utilisation du trait, du cliché…  On tiendra compte de la diversité de ses supports, jusqu’à son utilisation dans la presse, l’introduction et le développement de la photographie. Programme :
Séance 1 - Perpignan le 9 novembre 2018 – 14h
  • PRESENTATION GENERALE DU SEMINAIRE
    • Marie Blaise, Nathalie Solomon, Sylvie Triaire
  • POETIQUE DU PORTRAIT
    • Sophie Van den Abeele, Université Paris Sorbonne, « 'une sorte de grimace souriante, pincée et ridée qui le fit comparer par Mirabeau à un chat qui a bu du vinaigre' : portrait moral, portrait éclaté, portrait effacé chez Vigny »
    • Fabienne Bercegol, Université Toulouse Jean Jaurès, « Entre histoire, morale et poésie : portraits et maximes dans les Mémoires d’outre-tombe de Chateaubriand »
Séance 2 - Montpellier
  • LE PORTRAIT ET LA FABRIQUE DE L’HISTOIRE
    • Paule Petitier, Université Paris Diderot, « Enjeux historiques de l'écriture du portrait. L'exemple de Michelet »
    • Magali Charreire, Université Paul-Valéry-Montpellier, « Le portrait peint comme source historique. »
Séance 3 - Toulouse
  • LA RECONNAISSANCE
    • Sophie Mentzel, Université Paris Sorbonne nouvelle, « Icône ou grimace ? le portrait du roi sur la scène romantique »
    • Pierre Stépanoff, musée Fabre, « Donner un Visage au passé : les portraits de figures nationales en France des Lumières au Romantisme. »

Lieu(x) :
Séance 1 : Université de Perpignan, Bibliothèque Françoise Haffner, Batiment Y, Salle Y2-31
Séance 2 : Université Paul-Valéry Montpellier, Site Saint Charles 1, Salle 004
Séance 3 : Université Toulouse Jean Jaurès, Nouvelle Maison de la Recherche, Salle F422

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