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Axe 6- ELH, Espaces modernes et contemporains (responsables : Jean-Yves Laurichesse, Patrick Marot, Sylvie Vignes)

Les recherches engagées dans les précédents contrats autour de la mémoire et de l’espace dans la littérature des XXe et XXIe siècles se poursuivent en associant étroitement poétique, herméneutique et histoire littéraire.

Le séminaire « Avatars de la “situation narrative” dans les récits français et francophones des années 80 à nos jours » (2015-2016, resp. Sylvie Vignes) s’est intéressé à une tendance dominante aujourd’hui qui consiste à confier la position focale, voire la narration, à ceux qui, par nature ou de façon conjoncturelle, ne peuvent y voir clair, ou dont la perception des choses et des événements est de quelque façon déformante. Les choix opérés par les écrivains actuels en matière de temporalité contribuent souvent aussi à l’infléchissement particulier de la situation narrative, cherchant à surprendre les défenses du lecteur pour mieux le « retourner » émotionnellement.

Après le colloque international « États des lieux dans les récits français et francophones des années 80 à nos jours » (18-20 mars 2015, resp. Jean-Yves Laurichesse et Sylvie Vignes), dont les Actes sont à paraître chez Classiques Garnier, la réflexion sur les géographies littéraires s’est prolongée à travers différentes collaborations :
- intervention de Jean-Yves Laurichesse, Laura Laborie et Théo Soula dans le séminaire de l’ED ALLPH@ « Lieux mineurs : dispositifs esthétiques et enjeux politiques » (2e semestre 2016, resp. Corinne Maury),
- organisation d’une séance du séminaire In Situ sur le thème « Villes réelles, villes réinventées » (18 mai 2017), autour de Muriel Rosemberg (MCF de géographie à l’Université de Picardie), avec des interventions de Jean-Yves Laurichesse et de Théo Soula,
- intervention de Jean-Yves Laurichesse dans le cadre des Cafés géographiques (« Claude Simon : géographie de la mémoire », 25 janvier 2017).

Les journées d'études internationales "Revoir 14: images malgré tout ?", organisées en collaboration avec le laboratoire Cultures Anglo-Saxonnes les 19 et 20 septembre 2014, ont fait l'objet d'une publication dans la revue en ligne textimage (n° 9, printemps 2017).

Le séminaire « Claude Simon : images fixes, images en mouvement » (10 juin 2017, resp. Jean-Yves Laurichesse et Bérénice Bonhomme, en partenariat avec le laboratoire LARA-SEPIA et l’Association des Lecteurs de Claude Simon) a permis d’étudier la place de la photographie et du cinéma dans l’œuvre d’un écrivain dont on sait l’extraordinaire mémoire visuelle et la puissance d’image de l’écriture. On s’est intéressé à la pratique photographique de Claude Simon, aux expériences cinématographiques, abouties ou non, inspirées par son œuvre, mais aussi bien sûr aux différentes modalités selon lesquelles photographie et cinéma interviennent, formellement et thématiquement, dans ses textes.

Le séminaire Poéthiques (en collaboration avec le laboratoire Cultures Anglo-Saxonnes, resp. Nathalie Cochoy et Jean-Yves Laurichesse) continue à explorer la manière dont les écrivains et les artistes, loin d’être enfermés dans les textes et les images qu’ils créent, inventent à travers eux des manières de vivre et d’habiter le monde, comme autant de poéthiques de l’espace et du temps. Derniers séminaires : Styles de vie (conférence de Marielle Macé, 27 novembre 2015), Lieux communs (conférence de Bruce Bégout, 8 février 2016), Les métamorphoses de la fiction (conférence de Jacques Rancière, 11 mars 2016), Habiter en poète (conférence de Jean-Claude Pinson, 24 mars 2017) , Paysages sonores (conférence de François Noudelmann, 28 avril 2017). Toutes les conférences sont filmées et mises en ligne sur canal-u.

Le prochain séminaire d’ELH, « Le deuil de la résistance dans la littérature d’après 1945 » (2017-2018, resp. Julien Roumette) s’attachera à réenvisager une période critique de l’histoire littéraire que l’on réduit trop souvent à des oppositions caricaturales (existentialisme/« Hussards », roman engagé/Nouveau Roman) alors qu’elle est en réalité bien plus complexe et mouvante, dans l’ombre portée de la Seconde Guerre mondiale, suscitant des œuvres originales qui méritent d’être redécouvertes.

Le colloque « Stases d’écrit, stases d’écran » (3-5 mai 2018, en collaboration avec l’axe 7 « Esthétique et herméneutique du film », resp. Philippe Ragel et Sylvie Vignes) aura pour objet, dans la littérature et le cinéma, ces moments de distension narrative par lesquels passivité, inactivité ou inaction, repos, pause ou détournement de l’action principale, constituent, selon Jacques Rancière, autant de schèmes pour nous affranchir du mouvement téléologique du drame et nous éloigner de « l’action volontaire raisonnée et orientée vers une fin ».

Une série de journées d’études est prévue sur « Le hors-scène » (resp. Lydie Parisse). Le hors-scène, proche du hors-champ au cinéma, renvoie aux coulisses de la scène. Il peut s'appliquer à un personnage, à un lieu, à un espace-temps. S'inscrivant dans une dynamique paradoxale, il vise à créer un point de fuite à partir duquel tout ce qui se passe sur scène se lit à la lumière de ce qui n'est pas montré, comme si le hors-scène donnait en quelque sorte la mesure de la scène. Le hors-scène pose la question des marges, des frontières du visible et du représentable.

Un colloque « L’ombre de Proust et de Faulkner sur le roman français et francophone » (resp. Jean-Yves Laurichesse, Patrick Marot et Isabelle Serça) s’intéressera à ces deux grands écrivains en tant que leurs œuvres ont révolutionné la représentation du temps et de l'espace dans le roman du XXe siècle, produisant un effet remarquable de polarisation – positive ou négative – tant par les modèles d'absolue réussite qu'ils proposaient respectivement, que par les voies de la modernité dans lesquelles ils engageaient la littérature.

D’autres projets sont étroitement articulés aux axes scientifiques de PLH (« L’invention des traces » et « La fabrique des savoirs ») : sur le rapport des lecteurs aux lieux de la création (projet d’un ouvrage collectif L’écrivain, ses lieux, ses traces, resp. Jean-Yves Laurichesse) ; sur les bibliothèques d’écrivains (projet d’exploration systématique de la bibliothèque de Giono en partenariat avec l’Association des Amis de Jean Giono); sur la vogue des dictionnaires d’auteurs (projet d’une journée d’études « Écrivains de A à Z : enjeux, méthodes et usages des dictionnaires d’auteurs », resp. Jean-Yves Laurichesse).