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Axes CRATA
Notre recherche s'organise en deux grands domaines, subdivisés chacun en plusieurs axes.
Les domaines :
Domaine I : Art et littérature.
Domaine II : Archéologie.
Les axes :
Domaine I : Art et littérature.
1- Les modèles : histoire et imaginaire (littérature et histoire de l'art)
2- Théâtre
Domaine II : Archéologie
3- Delphes
4- Archéologie de l'Age du fer et de l'époque archaïque.
5- Archéométrie
Domaine I : Art et littérature
Axe 1 : Les modèles : histoire et imaginaire (Fr. Ripoll). Littérature et iconographie
La notion de modèle constitue le véritable lien entre nos diverses recherches. Notre projet consiste donc à la dégager plus finement et plus profondément, autour des notions de remploi (remploi matériel, remploi de schèmes iconographiques, remploi de motifs littéraires), de dérivation et de relations intertextuelles et de modèles et contre-modèles, autant de notions dans lesquelles les héritages sont l'objet d'un jeu complexe.
Le remploi est bien connu des archéologues. On réutilise les pierres d'anciens monuments pour en construire de nouveaux. Mais parfois on remploie tout le monument qu'on transforme. Le Parthénon devint ainsi une église, puis une mosquée. Dans l'Antiquité, nous connaissons des statues qui ont ainsi changé de référent. Au Moyen Age, c'est une statue du Bas-Empire, peut-être masculine, qui est devenue la Sainte Foy de Conques. Les remplois conduisent ainsi à des glissements de sens qui méritent d'être explorés.
Au lieu d'être des objets matériels, les remplois peuvent être des motifs, des formes. Les motifs sont légion en littérature. La formule homérique en est la forme archétypique, mais on les retrouve également dans les thèmes mythiques, qui sont repris et subissent des changements au cours du temps. C'est dans ce cadre qu'on peut étudier la notion de formule dans les arts plastiques (Kouros), comme en littérature. Toutefois, ces formules ne se maintiennent pas sans modulation ni sans altération. La question des dérivations constitue donc un champ de recherche considérable.
Dans le domaine de l'histoire des idées, il est possible de suivre des motifs, des théories, des conceptions qui, quelquefois, se reportent de siècles en siècles sans toujours faire l'objet d'un travail critique, mais en suivant une évolution propre. Mireille Armisen nous a donné l'exemple de l'harmonie des sphères, un thème remontant sans doute à Platon, mais que l'on suit pendant toute l'Antiquité et même bien au-delà, et celui du déluge, d'origine orientale, mais repris par les Stoïciens. Un thème peut ainsi être entièrement resémantisé en passant d'une époque à une autre ou d'un cercle intellectuel à un autre.
Les recherches faites durant ce quadriennal ont montré combien la relation entre les genres littéraires était un terrain fertile en ce qui concerne l'Antiquité. Nous souhaitons continuer à interroger les œuvres à partir des genres auxquels elles n'appartiennent pas et à examiner les procédés qui ont permis ces transferts. Nous pouvons observer que ces emprunts n'ont pas brouillé les cartes. L'appartenance des Dionysiaques de Nonnos à l'épopée et non au roman ne fait guère de doute. Cette solidité du genre qui résiste aux emprunts est également une source d'interrogations.
Au-delà de la relation entre les genres littéraires, se pose la question plus générale de celle qu'il y a entre les genres artistiques, notamment celles que l'on peut observer entre textes et images. Ce thème, auquel nous avons déjà consacré le séminaire de 2009, mérite approfondissement. La mise en image de mythes contenus dans des textes littéraires fait apparaître la spécificité de chacun, tout comme la description d'œuvres d'art dans les textes. Mais cette relation ne se limite pas à ces échanges où l'un est le reflet de l'autre. Les textes figurent parfois sur l'image elle-même, sous forme d'inscription, et participe à sa sémantique. Les acteurs sont des images vivantes, en raison de leur masque, mais aussi de leur accoutrement. Enfin, les textes eux-mêmes peuvent recevoir l'influence des images dans leur façon de décrire les scènes ou les paysages. Un Hérode Atticus répartit des hermes à l'effigie de ses disciples dans un paysage réel, sur lequel il jette un regard travaillé par des siècles de littérature bucolique, comme l'indiquent les inscriptions figurant sur les piliers.
Remplois, motifs, formules et théories diverses, reprises de génération en génération, se construisent souvent dans le cadre d'un réseau d'oppositions par rapport à des anti-modèles. Anti-modèle du non sage, du "crétin", comme dit Mireille Armisen, pour le stoïcisme, anti-modèle du laid dans les arts plastiques. Dans la littérature, les réseaux d'opposition, qu'autrefois les structuralistes avaient explorés, méritent d'être repris sur d'autres bases. La notion de contremodèle s'articule directement à celle de norme, que l'on se situe sur le terrain de la morale et de la politique (le thème du tyran) ou de l'esthétique (naissance de la structure du laid et du beau).
Les questions relatives à l'exemplarité des textes, à leur utilisation dans un système de référence et la façon dont ils peuvent encore aujourd'hui jouer un rôle sont l'objet d'un vaste programme dont la première pièce est un colloque qui aura lieu en mai 2010 : les assises de Lettres (voir bilan et projet PLH). Nous comptons poursuivre, sous forme de journées d'étude, ce thème tout au long du quadriennal. Le CRATA souhaite ainsi être un acteur de la vie publique, tout en menant une réflexion de type scientifique.
Le but final de cette recherche serait d'aboutir à une vue synthétique du problème qui pourrait faire l'objet d'une publication d'ensemble, comportant une théorisation et de nombreux cas de figure.
Les supports de la recherche:
- Le séminaire que le CRATA organise tous les ans en littérature. Le thème envisagé pour l'année 2010 est : modèles et anti-modèles.
- Un colloque en 2012 sur la relation entre textes et images a été programmé.
- Des journées d'études sont prévues, dans la continuité du colloque Assises des Lettres.
- En histoire de l'art, le travail sur les thèmes iconographiques se poursuivra, en utilisant la nouvelle version du logiciel « porphyre. »
Le CRATA doit continuer à alimenter le travail sur le théâtre. Pendant le nouveau quadriennal, nous souhaitons adosser notre activité scientifique à la pratique du théâtre. Les Olympiades du théâtre antique étaient jusque-là réservées aux collégiens et lycéens. Nous comptons élargir aux étudiants et faire de ces expériences la source de la réflexion en organisant, à la fin du festival, une journée d'étude sur le théâtre où l'on établira le dialogue entre chercheurs et metteurs en scène. Nous réfléchissons aux moyens qui nous permettraient d'élargir au niveau européen cette manifestation annuelle. Des contacts ont été pris avec le centre européen de Delphes et l'institut français d'Athènes qui soutient activement notre projet, mais aussi avec des universités étrangères (Oxford). Si notre projet devait se réaliser, nous organiserions à Delphes des Pythia ou à Athènes des Dionysia où viendraient concourir les troupes des différents pays participant au festival.
Domaine II : Archéologie
Les axes en archéologie pourraient être éventuellement redéfinis en cours de quadriennal si le CRATA devait recevoir plusieurs nouveaux membres.
Axe 3. Delphes (J.-M. Luce)
Fouilles de Delphes est paru, Jean-Marc Luce déposera un dossier pour reprendre les fouilles de la ville.
La recherche sur Delphes sera également ponctuée de journées d'étude.
Axe 4. Age du fer et époque archaïque (J.-M. Luce, S. Rougier-Blanc)
Médéon de Phocide. Les travaux sur les tombes de l'Age du fer découvertes à Médéon de Phocide doivent se poursuivre. Elles devraient permettre à Jean-Marc Luce de rendre à l'Ecole d'Athènes un manuscrit pour publication.
Synthèse. Les grandes synthèses sur l'Age du fer datent toutes des années 70. Elles méritent d'être refaites et entièrement repensées en se fondant sur les nombreuses avancées de la recherche depuis cette époque.
Travaux sur le bois dans l'architecture : Sylvie Rougier-Blanc se lance dans de nouvelles recherches sur l'architecture de bois qui pourraient déboucher sur une habilitation à diriger des recherches. Elle a déjà fait un séjour à l'EFA dans ce but et compte reprendre particulièrement la question de la pétrification de l'architecture au cours de l'époque archaïque. Elle a présenté un premier état de ses réflexions lors de la journée d'étude du 25/05/09.
La Grèce et l'Orient : la relation entre Grèce et Orient a intérêt à se poursuivre. Elle prendra d'abord la forme d'une collaboration avec Paris IV, où M. Egetmeyer, ancien membre du CRATA, exerce désormais, sur la question des Peuples de la mer. Le projet consiste à rassembler toutes les sources nécessaires, avec l'aide d'Egyptologues, sur cet événement important de l'histoire de la Méditerranée orientale. Les recherches d'Estelle Galbois sur l'art à Alexandrie et celles de Sylvie Rougier-Blanc à Xanthos se situent aussi, pour une part, dans cette thématique.
Axe 5. Archéométrie (J.-M. Luce)
Les travaux en archéométrie vont se poursuivre. Si les résultats sont satisfaisants, nous songerons alors à fonder une unité de service à laquelle les archéologues pourront s'adresser pour les aider à résoudre divers problèmes posés par la stratigraphie de leurs sites. Une base de données serait alors créée. L'objectif sera alors que l'unité mise en place parvienne à s'autofinancer.
Conclusion
Le CRATA est à Toulouse l'équipe de recherche travaillant sur l'Antiquité, regroupant littéraires, historiens et archéologues. Les deux grands domaines dans lequel se répartissent ses axes correspondent à ses deux grandes orientations : la littérature et l'archéologie. Mais le domaine I est conçu comme véritablement pluridisciplinaire, en rassemblant spécialistes de l'art grec, de la littérature et de la pensée, notamment dans l'axe 1 (Modèle : histoire et imaginaire).
Le travail pluridisciplinaire n'exclut pas des recherches plus spécialisées. C'est le cas pour le domaine II, avec des axes plus techniques, proprement archéologiques. En ce qui concerne les lettres, les travaux les plus techniques concernent l'édition et la traduction de textes. Le CRATA continuera activement à travailler sur ses auteurs (Polybe, Tite-Live, les poètes épiques latins, Nonnos de Panopolis, Arnobe et Athénée), mais dans le cadre de l'axe édition de textes de PLH.
Les chercheurs sont invités à intervenir dans plusieurs axes et dans les deux domaines.



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