Patrimoine Littérature Histoire


Accueil PLH > Activités > Soutenances

soutenance de thèse d'Asma Graa

le 9 décembre 2016
14H

L'autofiction au féminin: une poétique de l'identité sexuelle dans la littérature française et francophone au tournant des XXème et XXIème siècles.

 

Le corpus est composé de Nelly Arcan, Putain, Nina Bouraoui,Garçon manqué ; Annie Ernaux, L’Evénement ; L’Usage de la photographie»

 


Directeur de la thèse : Patrick Marot (PLH-ELH)

Le jury sera constitué de :
Patrick Marot, PR UT2J), directeur de thèse

Bessière Jean, PR (Paris 3)

Detrez Christine, PR (ENS Lyon)

Larroux Guy, PR (UT2J)

Marot Patrick, PR (UT2J).

 

Résumé

 

Ce projet de thèse est intitulé « autofiction au féminin : une poétique de l’identité sexuelle féminine dans la littérature française et francophone au tournant du XXe et XXIe.»

On connaît les clichés associés à l’autofiction : une littérature qui serait nombriliste et exhibitionniste de l’intimité impliquant un « je » individuel et égoïste. Notre projet est orienté ainsi vers la manifestation d’une « conscience subjective » qui remplace le « je » décrit comme singulier et dépouillé de toute vision qui tend vers l’autre. À travers un corpus hétérogène d’auteures comme : Annie Ernaux, Nelly Arcan et Nina Bouraoui, nous avons tenté de montrer les manifestations de ce « je » dans une entreprise scripturale qui ratifie des moments de vies, des endroits de vécus nous obligeant à se rendre compte de l’impossibilité sociale, historique et philosophique de croire en quelconque entité possible. Il est ainsi question de comprendre les processus d’engagement de ce « je » dans les œuvres, de relever les particularités, les similitudes et l’hétérogénéité de ces diverses écritures du « je ».

  Dans la mesure ou l’écriture du « je » implique conjointement une identité à la fois individuelle et collective de l’individu qui s’exprime en première instance par un nom, le fil conducteur de la recherche est de montrer en premier que le concept de l’identité n’est pas fixe mais en perpétuel mouvance et qui peut faire sujet de multiples interprétations selon des approches tout autant diverses : sociologie, littéraire, philosophique et psychanalytique. Face aux débats rigides à propos de la définition de l’identité, ces approches nous ont permit de renforcer l’idée d’un caractère expressément, discursif etdialogique ; une autre façon de dire ces identités plurielles, multiples, complexes, liquide ou fluide, etc.)

Dans la perspective d’une recherche pluridisciplinaire, l’attention portée à l’autofiction est due à la capacité  de ce genre littéraire, comme l’explique Isabelle Grell, à mettre en avant l’intime mais allant toujours main dans la main avec l’extime engendrant une lisière qui pousse chacun à communiquer sur son monde intérieur pour favoriser, par cette interaction la création d’une intimité plus riche.

Le rapprochement situationnel par le biais de ces histoires de vécus avec le contextuel qui met en exergue le caractère idéologique en lien avec le sujet féminin, nous a permis de saisir la richesse  de l’écriture d’un sujet féminin qui apparaît tantôt sous la forme d’un « je » assuré et parfois dissimulé dans un miroir non homonymique afin de laisser libre l’autre (lecteur ou spectateur) d’interpréter la mise en abyme d’un moi proposé. Donc, la thèse se propose de réfléchir à deux problématiques majeures : d’une part, l’autofiction permet de réfléchir sur la subjectivité féminine dans un contexte contemporain conforme à l’individualisme dominant dans nos sociétés. D’autre part, il est question de montrer les dynamiques et les enjeux de la construction d’un sujet féminin en devenir.

Malgré que notre corpus se constitue d’auteures, ce n’est pas pour autant que le projet est à interpréter comme un corps d’étude « gynocentré », comme un cahier sur des femmes, écrit par des femmes, traitant des problèmes de femmes. Il n’est pas aussi question de mesurer les textes de l’écrivaines à la seule aune de l’écriture féminine, mais plutôt montrer comment ces œuvres renvoient à l’androgynie fondamentale de toute écriture (Michel Delon) L’autofiction au féminin est une tentative de faire de chaque œuvre un monde à découvrir, une facette de cette littérature féminine dont la qualité et la richesse séduisent par un ancrage des approches telles que la psychanalyse qui ne va pas sans la satire sociale ; l’écoute du monde intérieur sans confrontation avec l’Histoire ; le réalisme sans la fiction et l’ironique qui ne désemplie pas parfois du tragique. Le fil conducteur dans notre analyse est certes la cause des femmes qui importe à ces auteures, mais cette préoccupation n’est pas une dénonciation qui se limite à des simples subversions, mais des œuvres qui frayent un chemin vers l’altruisme.


Lieu(x) :
salle du château