Bizarreries, curiosités et singularités dans quelques récits de voyage au XVIIe siècle

Publié le 2 février 2016 Mis à jour le 13 juin 2018
le 15 février 2016
Jean Mocquet, Voyages en Afrique, Asie, Indes orientales et occidentales faits par Jean Mocquet, Garde du Cabinet des Singularités du Roi, aux Tuileries, Paris, Jean de Heuqueville, 1617, livre IV
Jean Mocquet, Voyages en Afrique, Asie, Indes orientales et occidentales faits par Jean Mocquet, Garde du Cabinet des Singularités du Roi, aux Tuileries, Paris, Jean de Heuqueville, 1617, livre IV

Conférence de Sylvie Requemora-Gros (Aix-Marseille Université, CIELAM), dans le cadre du séminaire "les premiers âges du bizarre", animé par P. Chiron, Ph. Chométy et J.-Ph. Grosperrin

Les cartes des XVIe et XVIIe siècles n’aiment pas le vide. L’intérieur des terres, au lieu de rester vacant lorsque le savoir fait encore défaut, se peuple d’animaux fabuleux comme la licorne ou le griffon, mais aussi d’ethnies monstrueuses venues des géographes et naturalistes de l’Antiquité, de Pline et de Solin, telles que les Géants et les Pygmées, les Cyclopes, les Amazones et les Blemmyes sans tête, au visage au milieu de la poitrine, ou encore les Sciapodes, dont l’unique et gigantesque pied leur sert de parasol, une fois couchés sur le dos. La littérature de la « curiosité », dans laquelle s’inscrivent les récits de voyages, interroge les notions de mythe et de vraisemblance, de géographie réelle et imaginaire. Parcourir la galerie de bizarreries de la littérature viatique classique, de la femme poisson à la femme singe, et envisager la métamorphose exotique des mythes antiques, permet de poser la question d’un nouveau « merveilleux exotique », différent des merveilleux païens et chrétiens, renvoyant finalement plus à l’ethnocentrisme européen qu’à la découverte de réelles singularités.



Voir la présentation du séminaire et son programme ici

 

Contact :
Jean-Philippe Grosperrin :