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PROUSTIME, "Enjeux cognitifs de la littérature : Penser le temps avec Marcel Proust, des sciences humaines aux arts et aux sciences exactes"

Ce projet, dont Isabelle Serça est responsable, est financé par l'IDEX de Toulouse dans le cadre de l'appel à projet "transversalité". Il associe douze laboratoires, dont PLH, les trois universités toulousaines, l'IEP et le CNRS.

Présentation du projet


       Une première journée d'étude a eu lieu le 3 juin avec Pierre-Marc de Biasi, Directeur de recherche au CNRS (ITEM-ENS) et artiste plasticien, François Charru, Professeur de Mécanique à l’Université Toulouse-Paul Sabatier, Antoine Compagnon, Professeur de Littérature française au Collège de France, Alain Connes, Professeur de Mathématiques au Collège de France, Isabelle Serça, Professeur de Langue et Littérature françaises à l’Université de Toulouse-Jean Jaurès et Sylvie Vauclair, Professeur émérite d’astrophysique à l’Université de Toulouse-Paul Sabatier  (programme dans l'encadré ci-contre).

Elle a été le coup d’envoi du projet de recherche qui voudrait penser le temps dans une perspective transdisciplinaire, en se fondant sur la représentation thématique et la forme stylistique qu’en offre À la recherche du temps perdu. Entreprise délicate puisque le temps est de ces concepts dits primitifs qu’il est difficile de définir : pour faire court, c’est à la fois la variable « t » dans une équation, ce sentiment de la durée qu’éprouve tout un chacun qu’a décrit Bergson ou bien encore le théâtre où se déroule l’histoire des hommes en société. Ancrer la réflexion dans le texte de Proust évitera de verser dans de vaines spéculations théoriques : on partira ainsi de l’« écriture du temps » que Proust met en oeuvre ou du « temps interpolé » qui est représenté dans la Recherche, tels qu'Isabelle Serça a pu les mettre au jour dans Esthétique de la ponctuation (2012). Il ne s’agit donc pas d’examiner comment Proust inscrit dans son oeuvre les savoirs de son époque, mais bien plutôt d’interroger les savoirs construits par la littérature, autrement dit de considérer l’oeuvre littéraire du point de vue de ses enjeux cognitifs.

                  Partant de termes clefs de l’oeuvre choisis pour leur plasticité d’emploi tels que « interpolation », « traces » ou « anachronisme », on s’appuiera sur l’acception précise qu’ils prennent dans la Recherche pour examiner comment ils résonnent dans d’autres domaines : mathématiques, astrophysique et arts plastiques. La réflexion nécessite en effet l’élaboration d’un langage commun, sous peine d’incompréhension entre spécialistes de domaines éloignés – langage dans lequel les vertus heuristiques de la métaphore jouent un rôle central.  Ce recours aux images que propose le texte littéraire ne se fonde pas sur une quelconque valeur illustrative, mais bien sur un enjeu cognitif.

 


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