Mérimée et les savoirs

Publié le 10 mai 2006 Mis à jour le 4 juillet 2018
du 11 mai 2006 au 12 mai 2006 Université Toulouse - Jean Jaurès

Colloque ELH et ERASME en collaboration avec la Société Prosper Mérimée et sous le parrainage de l'Académie des inscriptions et Belles-Lettres.

Responsables: Pierre Glaudes et Pierre Cordier

Présentation du projet

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Alors que le bicentenaire de la naissance de Prosper Mérimée a été célébré récemment et que, la même année, la Société Mérimée a vu le jour, les études consacrées à cet écrivain ont connu un renouveau après plusieurs décennies de sommeil. Ce regain d'intérêt s'est notamment traduit par la publication chez Droz d'un volume intitulé Mérimée écrivain, archéologue, historien et par la parution de deux numéros spéciaux de revues consacrés à cet auteur (Revue des sciences humaines et Littératures).
Tous ces travaux mettent l'accent sur un aspect de l'œuvre de Mérimée jusque-là négligé : l'implication de cet écrivain aux multiples talents - historien, linguiste, épigraphiste, numismate, anthropologue, etc. - dans les savoirs et les questions scientifiques de son temps. L'œuvre littéraire de Mérimée, qui est aujourd'hui la partie la mieux connue et la plus étudiée, ne représente en effet qu'un versant d'un massif largement plus étendu qu'on ne le croit communément. Auteur de rapports scientifiques, de notes de voyage, de monographies érudites, Académicien comblé d'honneurs, Mérimée fut à l'initiative de nombreuses innovations intellectuelles et d'institutions de savoir durables. Aux yeux de ses contemporains, ce fut peut-être le trait le plus remarquable de sa biographie.
Or, dès la chute du second Empire, on a pris l'habitude de dissocier le personnage officiel et le savant (étudié principalement par les historiens) et l'écrivain (objet de l'attention de la critique littéraire). L'œuvre de Mérimée a ainsi perdu son unité, sa cohérence globale et peut-être ce qui fait son originalité profonde. En effet, les préoccupations du savant sont loin d'être absentes de ses ouvrages fictionnels dont elles informent en partie les enjeux. Elles n'y sont pas simplement un élément anecdotique mais déterminent en profondeur leur structure et leur signification. Inversement, les écrits érudits de Mérimée témoignent d'une élaboration esthétique qui n'a pas seulement, dans ce cas, fonction décorative.Le présent colloque, organisé conjointement par une équipe de littéraires et une équipe d'historiens, a donc pour but de mettre en évidence les liens indissolubles entre savoir et écriture chez Mérimée, afin de contribuer à la réévaluation de son œuvre en cours actuellement. Seule une approche interdisciplinaire de ce type sera de nature à rendre justice à une œuvre dont, par préjugé ou au nom de jugements de valeurs discutables, on a longtemps refusé de voir l'intérêt et la nouveauté.