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Le paysage allégorique: entre image mentale et pays transfiguré

du 7 avril 2010 au 9 avril 2010

Colloque international organisé au printemps 2010 à l'Université de Toulouse le Mirail, coordonné par C. Imbert et  Ph. Maupeu (équipes ELH-Elire)


Comme l'art de mémoire l'a longtemps enseigné, le penseur, le religieux, le poète, peuvent dire leur quête, leurs choix parfois complexes, leurs  grandes expériences intellectuelles ou spirituelles sous la forme d'un voyage, d'un chemin perdu dans la  forêt, d'une mer traversée, d'un château retrouvé. Ce serait là le paysage allégorique. Est-il besoin de lui opposer ce moment de l'aventure concrète du voyage où la vision d'un morceau de ce monde, sous une lumière de révélation, se transmue en une connaissance, un langage reconquis? Ce serait là plutôt, sans doute - la forêt, le château,  la mer - , ce que la critique post-romantique appelle un paysage symbolique...
Mais quand Wordsworth,  Thoreau ou Hölderlin gravissent une montagne,  il s'agit bien de dire, comme Pétrarque ou Gerson, un itinéraire spirituel. La critique a-t-elle donc tout résolu lorsqu'elle a décidé que Pétrarque au Mont Ventoux n'était pas le premier alpiniste moderne mais le dernier allégoricien du Moyen Age?...
Nous croyons en tout cas que toute l'Histoire de l'imaginaire européen peut s'organiser autour de la résurgence de ces lieux - montagne, forêt, rivière, mais aussi ville, tour ou porte, ou ruine - qui chez les écrivains, les peintres, les penseurs, reviennent d'âge en âge,  intensifiant toujours en nous la capacité de résonance des images du monde.
Nous proposons donc aux historiens de l'art, aux spécialistes de littérature française, étrangère et comparée, aux philosophes, aux musicologues de mener une réflexion commune sur la genèse des différentes étapes du paysage allégorique comme discours inscrit dans l'histoire culturelle européenne, depuis au moins le haut moyen âge, mais triomphant chez Dante, Pétrarque, Chaucer, se renouvelant dans le Songe de Poliphile, et se prolongeant sous l'apparente transparence de la nostalgique Arcadie comme dans l'autorité plus rigide des peintures d'instruction, ou dans les plus baroques visions. Nous leur proposons d'interroger la rémanence des anciennes images et des anciens recours aussi bien dans la modernité récente, du Romantisme et de Baudelaire au réalisme magique et à la post-modernité. Nous leur proposons enfin d'éclairer un peu mieux la nature et le rythme de ces transferts entre image mentale et pays transfiguré, qui font de notre expérience du paysage européen la traversée nécessaire d'une géographie magique.