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Le début et la fin. Roman, théâtre, BD, cinéma

du 9 mars 2006 au 11 mars 2006

Colloque organisé par Andrea Del Lungo
(équipe « Littérature et herméneutique » de l'Université de Toulouse le Mirail)

Comité de patronage : Gérard Genette et Philippe Hamon

Comité scientifique : Andrea Del Lungo (Toulouse le Mirail), Didier Alexandre (Paris 4 - Sorbonne), Frédérique Chevillot (Denver, Colorado), Guy Larroux (Toulouse le Mirail), Dominique Rabaté (Bordeaux 3), Philippe Ragel (Toulouse le Mirail)

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L'articulation des frontières de l'œuvre constitue une question cruciale dont les enjeux restent à étudier dans le champ critique, en dépit de nombreuses analyses consacrées au début et à la fin du texte littéraire, lieux stratégiques que l'on a jusqu'ici traités séparément. C'est sur la base de cette constatation que nous nous proposons, dans le cadre de ce projet, d'observer comment l'œuvre construit son sens par le rapprochement et la confrontation des espaces textuels qui l'ouvrent et qui l'achèvent : il s'agira donc de mettre en relation les frontières de l'œuvre en ce qu'elles ont d'instable, ainsi que de déterminer, même d'un point de vue spatial, ces lieux d'entrée et de sortie du texte.
Deux perspectives semblent envisageables dans une telle investigation. La première, d'ordre téléologique, vise à analyser les différents dispositifs d'articulation sémantique qui se dégagent du rapprochement du début et de la fin. L'enjeu principal serait alors d'observer comment le texte programme, à ses frontières, son propre déchiffrement : à l'ouverture, par l'annonce, la « mise en réserve » ou la dissimulation d'un sens que la clôture se chargera de dévoiler, déplacer ou disperser. Cette articulation pourrait également montrer de quelles manières les deux frontières textuelles se rapportent aux attentes du lecteur - attentes préexistantes ou engendrées par le texte -, entre les hypothèses extrêmes d'une reconnaissance ou d'une déception.
La seconde perspective consiste à comparer ces lieux décisifs, souvent rapprochés dans la genèse du texte mais que la lecture éloigne, par un geste critique visant à fonder une lecture autre par rapport à celle que le texte oriente et programme. Le but d'une telle lecture affranchie de son propre contrat serait ainsi d'étudier des effets de sens (symétries, cohérences, écarts, courts-circuits), d'analyser les aspects intertextuels et métatextuels des frontières, d'observer l'ouverture du texte sur son dehors, ainsi que l'ancrage à une réalité historique ou référentielle. Cette « relation critique » des frontières permettrait aussi d'imaginer des mécanismes de « relance » du texte, de sa lecture et de son sens, afin d'observer comment la fin du texte - ou peut-être même le commencement - déclenche la relecture ; et comment une telle expérience déplace radicalement les fonctions et le sens des frontières mêmes.
Un premier colloque, organisé à Toulouse en avril 2005, aura permis de définir les aspects théoriques de la question, ainsi que d'analyser un vaste corpus romanesque de la Renaissance au début du XXe siècle. Le colloque de 2006 prend la suite de ce projet par une réflexion qui affrontera la problématique de l'articulation des frontières textuelles dans le cadre du roman contemporain et aussi dans d'autres genres ou médias : théâtre, cinéma, bande dessinée.
Voici enfin quelques pistes de réflexion possibles :
- l'articulation narrative de l'incipit et de l'explicit, notamment dans la forme du récit herméneutique.
- l'invention du début et de la fin dans la genèse de l'œuvre.
- les fonctions structurales et sémantiques des lieux stratégiques du texte dans l'expérience de lecture ou de relecture.
- les aspects métatextuels de l'articulation ouverture/clôture, ainsi que la vision de l'œuvre qui en découle.
- la relation cognitive entre commencement et dénouement : mobilisation d'un savoir, références culturelles, ancrage référentiel.
- les enjeux idéologiques du discours aux frontières du texte.
- l'articulation herméneutique du début et de la fin dans la construction du sens de l'œuvre.