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Lux philologiae : L'essor de la philologie au XVIIIe scièle

du 15 mars 2018 au 16 mars 2018

COLLOQUE INTERNATIONAL Organisé par Corinne Bonnet (PLH-ERASME) - Jean-François Courouau (PLH-ELH) - Eric Dieu (PLH-CRATA) - Daniel Lacroix (PLH-ELH)

Illu Lux

Illu Lux

Quand faut-il situer la naissance de la philologie en tant que champ disciplinaire académique autonome ? Pour l’Allemagne, on peut penser au début du XIXe siècle, comme on le fait souvent, au moins en France, par référence aux travaux de Friedrich Diez et de ce qui deviendra la « romanistique ». Mais ne peut-on envisager de remonter à la période qui précède ? De fait, dès la fin du XVIe siècle et tout au long du XVIIe siècle, les travaux des érudits se multiplient afin d’établir des éditions de textes fondateurs : la Bible d’Ulfila, par exemple, essentielle pour la connaissance des langues germaniques, redécouverte en 1563, éditée en 1665, ou l’exhumation en 1643 des textes islandais de l’Edda poétique.

Si ces débuts sont connus, on sait moins ce que le XVIIIe siècle, entre les découvertes des siècles précédents et la naissance d’une science au XIXe siècle, a apporté de spécifique. Partout en Europe, pourtant, les érudits s’activent. Le Gallois Edward Lhuyd publie en 1707 le premier volume de l’Archaeologia Britannica qui permet aux études celtiques de faire un grand pas en avant. L’Islandais Árni Magnússon (1663-1730) établit les fondements de la philologie nordique. Les textes anciens, comme en France, celui de Rabelais, font l’objet d’éditions annotées, fruit d’un véritable travail d’établissement du texte (édition Le Duchat/La Monnoye 1711). Gaston-Laurent Cœurdoux (1777) et William Jones (1786) jettent les bases, à partir de l’étude des langues indiennes, de la philologie comparée.

Dans le domaine de la philologie classique, si la Darstellung der Alterthums-Wissenschaft, de Friedrich August Wolf, parue à Berlin en 1807, sonne un peu comme un acte de naissance, les enquêtes de Pascale Hummel ont mis en avant les prodromes de ce phénomène, avec notamment Christian Gottlob Heyne (1729-1812), éditeur, prolifique et l’homérisant Paul Jérémie Bitaubé (1732-1808). Samuel Bochart (1599-1667), dès le XVIIe siècle, jette les bases de la philologie comparative des langues sémitiques, préparant la voie à Wilhelm Gesenius au début du XIXe siècle, peu avant Ernest Renan. Une véritable effervescence philologique saisit ainsi l’Europe des Lumières qui ne sera pas sans effets au siècle suivant.

C’est ce phénomène que ce colloque s’efforcera de saisir, dans ses tenants et aboutissants, en embrassant largement une série de domaines variés, comme les langues classiques, sémitiques, romanes, germaniques, celtiques, indo-iraniennes, etc.

Nous remercions Pascale Hummel qui a inspiré le titre du colloque.

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Conception graphique : Benoît Colas, Université Toulouse - Jean Jaurès / CPRS - DAR.
Illustrations : Bibliothèque du Clementinum, Prague. © DR.

Lieu(x) :
Université Toulouse II Jean Jaurès
Maison de la Recherche, salle D29

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