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La tradition du mal d'amour. Héritage et réminiscence dans la littérature contemporaine

le 11 avril 2018
Attention! Changement de lieu en raison du blocage de l'université :
Maison de l'Occitanie, 11, rue Malcousinat, salle Nelli (pour le matin)
Auditorium des Abattoirs, 76 allées Charles de Fitte (pour l'après-midi)

L’objet de cette journée d’études consistera à mettre en relation la représentation du mal d’amour du Moyen Âge à la période contemporaine, en s’appuyant sur la résurgence de certains de ses traits caractéristiques. Des troubadours et de Dante à Alice Munro, en passant par Walter Scott et Donizetti, les participants croiseront les références et les méthodologies. Organisé par : Hélaine Ventura, (CAS : Cultures Anglo-Saxonnes) et Cristina Noacco(PLH/ELH)

JE MAL DAMOUR

JE MAL DAMOUR

L’amour est une expérience humaine complexe et mystérieuse : selon le modèle néo-platonicien, il peut être envisagé comme une force spirituelle, ou au contraire, en suivant le modèle stoïcien, comme une maladie qui affecte l’individu. Dans la tradition medico-philosophique antique, le mal d’amour est ainsi décrit comme une plaie, une blessure (« ulcus », « vulnus », « ictus ») qui suscite des réactions soit passives et tristes (« cura, « miser », « dolor » « vinctus ») soit actives et féroces (« insania », « demens », « furor ») mais il est également envisagé comme une pathologie dont on peut guérir « en tournant son esprit ailleurs » ou en écrivant des poèmes d’amour élégiaques dont l’effet cathartique a valeur thérapeutique (Marta Nussbaum, Ruth Rothaus Caston).

L’objet de cette journée d’études consistera à mettre en relation la représentation du mal d’amour du Moyen Âge à la période contemporaine, en s’appuyant sur la résurgence de certains de ses traits caractéristiques. De Dante à Alice Munro, en passant par Walter Scott et Donizetti, les participants croiseront les références et les méthodologies. Les cliniciens psychanalystes feront porter leur étude sur la représentation lacanienne du mal d’amour et sur le paradoxe incontournable d’un mal universel dont aucun remède ne peut finalement nous protéger : “un égoïsme fort est une protection contre la maladie mais en dernier ressort il nous faut commencer à aimer pour ne pas tomber malade et nous sommes destinés à tomber malade si nous nous trouvons incapables d’aimer par le résultat de la frustration »  (Freud, 1914 ).

Les spécialistes de lettres modernes et littératures comparées proposeront une mise au point sur la tradition médiévale du mal d'amour, les musicologues feront une place privilégiée à une héroïne souffrant par amour : Lucia di Lammermoor, les anglicistes s’intéresseront au personnage de la femme abandonnée à l’époque victorienne, à l’archétype de la femme meurtrière, à la souffrance que génère l’amour non réciproque ou l’amour impossible, à la réinscription de figures mythiques dans la mise en récit du mal d’amour contemporain, à l'articulation entre l’évocation d'une figure classique ou mythique et les nouvelles fonctions d'un hypotexte ou d'une image sous-jacente.

Les participants s'intéresseront tout particulièrement à la représentation des désordres de l’âme qui convoquent une généalogie mythique et participent d’une répétition de la violence archaïque en désignant la souffrance du sujet comme le moteur même de la fiction, du poème, du tableau ou du film. Que la souffrance prenne la forme extrême du meurtre et de l’engrenage de la folie autodestructrice, ou celle de l’indicible à travers le silence, le cri ou l’onomatopée, ou encore celle discursive des mots générés par les maux d’amour, il s’agira d’articuler esthétique, éthique et thérapeutique pour proposer un panorama diachronique et analytique des affects dangereux, déstabilisants, transgressifs déployés dans le récit de fiction. En s’intéressant à la « transmission des affects » (Teresa Brennan), à la vulnérabilité du sujet affecté, à la concomitance de la mort et de la vitalité sexuelle, à l’impossible cohabitation de la raison et des affects, l’on mesurera l’économie des affections et la puissance de leur productivité créatrice.

Programme :

La tradition du mal d’amour : approche interdisciplinaire
  • 8h30 : Dr Eric LE TOULLEC, Le mal d’amour selon Lacan
  • 9h00 : Michel LEHMANN,  Lucia di Lammermoor de Donizetti
  • 9h30 : Cristina NOACCO,  Le mal d'amour au Moyen Age : souffrance, mort et salut du poète
  • 10h00 : Héliane VENTURA,   « Labour Day Dinner » d’Alice Munro : La fonction de l’hypotexte
  • 10h45 : PAUSE
  • 11h00 : Biancamaria RIZZARDI, The representation of love sickness in the visual arts
  • 11h30 : FAUSTO CIOMPI, Ted Hughes's Birthday Letters: Falling in Grief again
  • 13h00 Déjeuner à ON ADOR

Le mal d’amour dans la littérature et le cinéma
  • 14h20 : Projection de “Away from Her”, Adaptation de la nouvelle d’Alice Munro par  Sarah Polley
  • 16h00 : Deborah DEMANGE- NEFF, “The Bear Came Over the Mountain” and Away from Her: A Comparative Approach
  • 16h30 : Lucile BENTLEY, “The Bear Came Over the Mountain” Love and Care in Alice Munro’s Story

Table ronde finale avec les étudiants
Contact :
Cristina Noacco
Lieu(x) :
Maison de l'Occitanie, 11, rue Malcousinat, salle Nelli (pour le matin)
Auditorium des Abattoirs, 76 allées Charles de Fitte (pour l'après-midi)

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