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Colloque international « Le pouvoir des lettres sous le règne de Charles VII (1422-1461) »

du 31 janvier 2018 au 2 février 2018

Comité d’organisation : Florence Bouchet et Philippe Maupeu, avec l’aide de Sébastien Cazalas

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Du « roi de Bourges » à Charles « le Bien Servi » puis « le Victorieux », quel retournement de Fortune ! Plusieurs auteurs contemporains, tels George Chastelain et Jean de Bueil, ont remarqué comment Charles VII sut, malgré un début de règne particulièrement difficile, redresser la situation à son avantage et à celui du royaume. Quant à Alain Chartier, fidèle secrétaire de celui qui n’était encore que le dauphin déshérité par le traité de Troyes, il rappelle dans le Quadrilogue invectif que la nation en danger a grand besoin « de prince saichant et de assistence de gens qui aient savoir ». De fait, Charles VII témoigna de l’intérêt pour les lettres, le savoir et les livres. Dans quelle mesure, donc, les écrivains du règne ont-ils contribué au redressement du pays ?

Charles VII a commencé à régner à l’un des pires moments de la guerre de Cent Ans et a su mener son pays à la victoire. En cette période de crise politique, militaire mais aussi morale, la littérature (au sens très large que revêt alors ce terme) endosse un rôle crucial en tant que « miroir », instrument d’analyse et vecteur d’idées. Certains traits de modernité sont repérables : littérature engagée associée à l’essor du sentiment national, rôle de propagande (en lien avec la naissance de l’opinion publique), poursuite de l’affirmation d’un premier humanisme, réflexivité. Ce règne long d’une quarantaine d’années institua d’importantes réformes dans les domaines administratif, militaire, économique. Il a été accompagné par une multitude d’auteurs connus (d’Alain Chartier à François Villon, en passant par Charles d’Orléans, George Chastelain, René d’Anjou, Antoine de La Sale…) ou moins étudiés (Jean Juvénal des Ursins, Thomas Basin, Robert Ciboule, Jacques Milet, Guillaume Alecis…), sans parler des textes non attribués.

Tous les genres littéraires sont représentés : poésie lyrique, roman (allégorique ou non), théâtre, traités, miroirs des Princes, épîtres, historiographie… sans compter le rôle des traducteurs qui amplifient la vulgarisation de l’héritage latin entamée sous Jean II et Charles V. Tous ces textes s’adressent à un public socialement plus divers que par le passé. La rémanence apparente de certains motifs, thèmes et dispositifs fictionnels (le songe, le débat, la figure allégorique du chevalier, la courtoisie etc.) entre dans une tension féconde avec l’urgence, les troubles et bouleversements qui caractérisent l’actualité de ce temps. Ce contexte suscite diverses postures d’auteur et stratégies d’autorisation qui, entre visée éthique et pathétique, font advenir l’éloquence des « orateurs » français et permettent d’observer l’élaboration littéraire de la subjectivité et des émotions.

Le règne de Charles VII, pour le moment moins étudié dans sa globalité que ceux de Charles V et de Charles VI, semble donc offrir un bon terrain d’enquête pour mieux comprendre les interactions entre littérature, politique et société.

Lieu(x) :
Université Toulouse - Jean Jaurès
Maison de la Recherche - Amphi F 417

Nota Bene

Les auditeurs sont priés de s'inscrire, via le document téléchargeable ci-dessus,
avant le 15 janvier 2018.

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