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"Autour des 'Récits d’Ellis Island' de Georges Perec et Robert Bober : Lieux et non-lieux de mémoire, d’errance et d’exil"

le 26 mars 2015
 9h-18h

Journée d'étude, spectacle et projection du film "Récits d'Ellis Island"

Capture d’écran 2015-03-11 à 13.27.58.png

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 Georges Perec et Robert Bober ont réalisé ensemble, à la fin des années 1970 un documentaire à deux voix sur l’île d’Ellis Island, devant New-York, intitulé Les Récits d’Ellis  Island. Perec a participé au tournage et à la réalisation, et il a écrit le commentaire, qu’il lit en voix off.

Méditation sur la trace du passage de millions d’immigrants dans un lieu désormais vide, le film est une réflexion sur le sentiment d’exil. Ellis Island est un espace atypique, intermédiaire, entre deux mondes, le seuil d’une Amérique rêvée et à portée de main, mais pas encore atteinte. Un espace à la fois redouté – les émigrants l’avaient surnommée «l’île des larmes» – et sans grande consistance par lui-même, puisqu’essentiellement lieu de passage et de formalités. Ce décisif «lieu de nulle part», foyer de mémoires où c’est joué le destin de tant d’êtres, vient s’ajouter et compléter la liste des «espèces d’espaces» arpentés et répertoriés par Perec, où il occupe une place à part, incertaine et émouvante.

Ce texte, qui est un des plus intimes écrits par Perec, malgré le fait qu’il ne porte pas sur un sujet directement personnel de sa biographie(ou peut-être à cause de cela), invite à réfléchir sur l’émigration en général, sur la nature de ce geste qui engage une vie, ainsi que sur l’expérience et les cicatrices que laissent l’exil.

L’écho qu’il continue à provoquer chez les lecteurs d’aujourd’hui en dit assez l’actualité. C’est notamment le cas du chanteur et compositeur Eric Lareine, dont la mise en voix et en musiques du texte de Perec libère de multiples résonances mémorielles, sonores, littéraires et musicales.

Une des qualités du texte de Perec est sa capacité à éveiller de telles résonances, par tout ce qu’il suggère, par la pudeur du regard et ses silences tout autant que par les paroles. Le commentaire n’assène pas une interprétation, il invite à la confrontation avec cet espace problématique, à l’abandon, qui ne garde presque rien du passage de ceux qui ont vécu là un moment essentiel de leur destin. Et il met en scène la propre confrontation des deux auteurs, dont les regards et les attentes divergent, Robert Bober y cherchant plus une origine alors que Perec y voit l’image symbolique par excellence de l’errance déracinée. Ce non-lieu de mémoire est aussi un miroir qui renvoie à celui qui regarde une image de lui-même.

 L’objet de cette journée d’études est d’expliciter les enjeux du débat ainsi esquissé dans le texte sur le sens de cette expérience, la façon dont le regard porté sur ce lieu lui donne forme et le détermine en partie, et de l’étendre aux œuvres littéraires des deux écrivains et à leur époque. En particulier, en la confrontant à l’œuvre romanesque de Robert Bober qui s’est, bien des années plus tard, tourné, comme Perec, vers la fiction pour aborder une question indissociable de celle de l’émigration, dont elle constitue l’arrière-plan tragique : le souvenir de la période de l’Occupation (Quoi de neuf sur la guerre ? 1993 ; Berg et Beck, 1999 ; On ne peut plus dormir tranquille quand on a une fois ouvert les yeux, 2010).

À l’occasion de la journée d’études, le spectacle Ellis Island, d’Eric Lareine et Pascale Maupeu sera représenté sur la scène de la Fabrique, au Mirail, en collaboration avec le CIAM, et le film Récits d’Ellis Island, co-réalisé par Georges Perec et Robert Bober sera projeté.

Programme
 
9h00 Présentation : Julien Roumette (UT2J, PLH-ELH)-(salle F 423)

Président de séance : Julien Roumette

9h15 : Claude Burgelin (Lyon 2, prépare l’édition de l’oeuvre de Perec dans la Pléiade)

Ellis Island et la judéité de Georges Perec : « Clôture/Coupure », histoire d’un destin

9h45 : Stéphanie Lima (Université Champollion, Géographie, Albi-axe PPES, Toulouse- LISST-CIEU)

Ellis Island : migrations, non-lieu et crise des spatialités contemporaines

Discussion et pause

Président de séance : Claude Burgelin

11h00 : Séverine Bourdieu (Enseignante en CPGE, PLH-ELH)

Usages des photographies dans le documentaire: de la trace à la fable ?

11h30 : Julien Roumette (UT2J, PLH-ELH)

Errance et espoir : deux « mots mous » de la mémoire de l’exil ? Les Récits d’Ellis Island, « révélateur » des oeuvres de Perec et de Robert Bober

Dans la salle de spectacle de la Fabrique (dans le cadre de Ciné-Mirail)

12h45 : Ellis Island, spectacle d’Eric Lareine et Pascal Maupeu

Production du théâtre Garonne. (durée : 1 heure)

16h00 : Ellis Island : un film, un texte, un spectacle : table ronde autour de la question de la place du texte dans le spectacle et le film, le rapport aux images et à la musique, avec Eric Lareine, Pascal Maupeu, les intervenants et Corinne Maury (UT2J, cinéma, PLH-ELH).

16h30 : Les récits d’Ellis Island, projection du film de Robert Bober et Georges Perec (1980).



Lieu(x) :
salle F423 (matin, maison de la recherche, nouveau bâtiment) et salle de la Fabrique (après-midi)

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